PRÉLIMINAIRE
lïOTICE BIOGEAPHIQUE,
J'offre au public un recueil d'ouvrages dont la plupart ont dé)à été imprima , mais séparément ; f y joins des pièces jusqu'à présent inédites.
Ces productions ont été mes délassemens plutât que mes occupations habituelles.
Dans ma jeunesse , une grande défiance de moi-même me détourna de suivre exclusivement la carrière de la littérature, dans laquelle je n'osais espérer des succès remarquables.
J'avais fini mes études à dix-sept ans. '^ Mes parens me placèrent chez un procureur; j'y travaiOai sérieusement ; je m'appliquai en même tems à l'étude du droit. Je pris, goût à la jurisprudence ; je prêtai le serment d'avocat ta 1781 , et l'année suivante je songeai à devenir professeur de la faculté de droit ; je préparai ma thèse de docteur , et j'étais prêt à la soutenir lorsqu'un aggrégé en droit mo
* Je suis né à Strasbourg , le 6 mai 1 75g ^ quoique les biogra*^ fhes me fassent naître à Melun , ea 1 766 .
vj AVERTISSEMENT.
proposa, de la part de M. le président de Lamoignott^ d'entrer en qualité de secrétaire chez M, le duc d'Uzès.
Ce qui ine détermina , ce Ait la certitude prochaine de pouvoir aider ma famille. Nous venions de perdre mon excellent père , homme d'un grand sens , homme irréprochable, d'un désintéressement et d'une élévation d'ame dignes des siècles antiques; j'ai toujours interrogé sa mémoire, lorsque j'ai eu à prendre un parti dans quelque circonstance délicate ou difficile ; je me suis demandé : qu'aurait fait mon père ? et la réponse ( puissé-je ne m'y être jamais trompé ! ) m^a servi de règle» Il nous laissait sans fortune , et j'étais l'aîné de ses enfans : le droit ne me présentait qu'une perspective éloignée ; j'acceptai la place qui m'était offerte.
Cette existence toute précaire ne put me convenir; j^a&pirai de nouveau à me faire un état indépendant. Je me mis en stage à la fin de 17 85 , et je suivis le barreau , quoique la faiblesse de ma poitrine et de ma voix dût m'interdire la plaidoirie , et que je ne pusse jamais parvenir qu'à être avocat consultant.
Je devais être inscrit sur le tableau des avocats en 1789; mais on ne fit point de tableau cette année , et Vordre fut dissous par les événemens de la révolution.
Depuis ce tems , chef de bureau à la Liquidation générale, juge en la Cour de cassation, député au Corps- L^slatif , et membre du Tribunat , j'ai porté dans ces différens emplois de l'exactitude , du zèle , l'amour de mes devoirs et la volonté constante de faire le bien.
J'ai rempli des fonctions importantes que je n'ai ni désirées , ni demandées , ni regrettées ; j'en suis sorti
AVERTISSEMENT. vij
aussi paixvre qae J'y étais entré, n^ayant pas cm qu'il me iût permis d'en faire des moyens de fortune et d'avancernent.
Je me suis réfugié dans les lettres ; heureux d'y re* trouyer un peu de liberté , de reyenir tout entier aux études de mon enfance et de ma jeunesse, études que je n'ai jamais abandonnées, mais qui ont été l'ordinaire emploi de mes loisirs, qui m'ont procuré souyent du bonheur, et m'ont aidé à passer les mauyais jours de la yie !
J'ai professé pendant douze ans la grammaire et les belles-lettres k T école polytechnique ;
£t, sur la présentation du Collège royal , de l'Académie française et du Ministre de Tintérieur, j'ai été nommé, en iSi^y p^ le Roi, à la chaire de littérature française au collège royal.
Arriyé au dédia de l'âge, et quand je touche k la yieillesse , je fais moi-même l'édition de mes œuyres. J'échappe ainsi à la mal-adresse des éditeurs , qui trop souyent étouffent la réputation de leur auteur sous l'amas yolumineux de ses plus faibles productions.
Je finis par demander pardon au lecteur.de l'ayoir si long-temps occupé de moi ; mais je m'y suis yu forcé par la l^reté et l'inexactitude des biographes qui m'ont fait l'honneur, dont je me serais bien passé, d'enregistrer mon nom et de me composer un article dans leurs Dictionnaires.
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COMEDIE