SCÈNE X
(tUit.)
» Assez pauvre ëcriyain, mais riche financier, » Ne crois pas qu^à prix d'or on achète un laurier. » Songe à garder sur-tout Tëtat que tu possèdes : » Un auteur de ta force a grand besoin des aides.
(Il s*ârrête encore , et yojant qu'Hely^tius ne dit rien : )
Hein ? joli , n'est-ce pas ?
HBLVÉTIUS.
A peine je Tentends.
Je n'ain^e pas beaucQup ces qiots à double sens. Par malheur , l'habitude en devient familière, Malgré ce qu'en ont dit Desprëaux et Molière. Ces équivoques sont un abus de l'esprit , • Que la raison réprouve et le bon goût proscrit. C'est un genre bâtard , un talent déplorable.
TÈRVILLE.
Vous êtes difficile ; on le trouve admirable.
( II Ht. )
» Ton charlatan de père , ignorant médecin ,
» De France fut long-tems le plus grand^assassin. »
HELVÉTIUS, l'Interrompant.
Pardon; mais ce trait-là passe la raillerie.
Où mène la satire P Et comment, je vous prie, Osez-vou$ décrier les travaux , la vertu D'un illustre savant qui vous fut inconnu ?
Blâmez d'Helvétius l'esprit , le caractère ; Je ne m'en plaindrai pas ; mais respectez son père , Son père qui valait mille fois mieux que lui , Et qui des malheureux fat cinquante ans l'appui.
i8o HELVÉTIUS.
Oui... tous vos autres traits Faoraient laisse paisible; Vous ayez de son cœur trouvé l'endroit sensible!... Vous lui ferez du mal !.. •
TERVILLE.
Ecoutez donc. . . J'ai tort , Peut-être , et si le trait vous semble un peu trop fort. Je peux... d'une noirceur )e suis très-incapable.
HELYÉTIUS.
Je vois bien que chez vous Tesprit seul est coupable. Tant mieux.