SCÈNE XV
Il faut que J'aie exprès rencontre ce seigneur...
Car c'en est un.*. Oh ! oui , peut-être quelque prince*
HELYÉTIUS, lai remetUnt nn papier.
Tenez , tous les huissiers exploitant la province , Vous laisseront tranquille avec cela-, je crois.
LE BAEOÏ^.
Quel est donc ce papier ? Ciel ! qu'est-ce que je vois F Une entière quittance ?
HELVÉTIUS
Oui. Cela vous étonne?
C'est votre créancier , Baron , qui vous la donne.
LE BARON
Mon créancier I Eh ! quoi P... se peut-il ? vous seriez Monsieur Helvétius , vous qui me poursuiviez ?
HELVÉTIUS
J'ignorais tout-à-fait qu'on fit cette poursuite. De votre vieille dette enfin vous voilà quitte ; Et, quant à l'avenir , Baron, vous me paierez , Mais toujours à votre aise , et quand vous le pourrez.
LE BARON
Mais vous n'êtes donc pas un corsaire , un barbare î Pardon : tant de bonté me confond et m'égare...
HELVÉTIUS
On vous a, sous mon nom, tourmenté, chagriné...'
LE BAROK
Oh ! oui , sans contredit , et presque ruiné .
194 HELVÉTIUS
H£LYÉTIUS.
Je sois riche : souffrez que je vous dédommage. Vos trois fils au service ont besoin d'équipage. Si vous m'aimez un peu , fespère parvenir A vous faire agréer de quoi les soutenir.
L£ BARON
C'est trop, mille fois trop.
HELTÉTIUS.
Quant à mademoiselle Votre fille, tous deux employons-nous pour elle. Une dot , un mari , voilà ce qu'il lui faut.
Trouvez-lui le mari , je trouverai la dot.
LE BARON
Âh ! VOUS éteis pour nous un ange tutélaire !
Si quelque malheureux songeait à vous déplaire ^
Il me le paierait cher. Voici fort à propos
Le jeune Albert. Je vais lui conter en deux mots...
HELVÉTIUS
Me nommer à présent serait me compromettre ; J'exige le secret.
LE BARON
II faut bien s'y soumettre , Puisque vous l'ordonnez.
HELVâTIUS,
Votre parole?
LE BARON
Eh bien I Je vous la donne.