‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 131 sur 259 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DORANTE, CLITON

CLITOIT.

Ah ! Monsieur, c'est donc youst

Cliton, je te reyoi!

CLITON

Quoi ! je vous trouve ici ! Me direz-vous pourquoi ? Quel crime , quelle affaire , ou quelle raillerie Des prisons de Lyon fait votre hôtellerie ?

Tu le sauras bientôt ; mais qui t'amène ici ?

CLITON

Le soin de vous chercher.

J'aime à le croire ainsi ; Et, bien qu'après deux ans ton devoir t'en avise , Ta rencontre me platt ; j'en aime la surprise ; Ce devoir , quoique tard j s'est enfin éveillé»

CLITON

Et qui savait , Monsieur , où vous étiez allé ? Vous ne nous témoigniez qu'ardeur et qu'alégresse , Qu'impatiens désirs de posséder Lucrèce ; Le contrat était fait , les accords publiés , Le festin commandé , les parens conviés , Les violons choisis , ainsi que la journée ; Rien ne semblait plus sûr qu'un si proche hyménée ; Et, parmi ces apprêts, la nuit d'auparavant, Vous disparûtes seul , plus vite que le vent. Comme il ne fut jamais d'éclipsé plus obscure , Chacun ,. sur ce départ, formait ^a conjecture ; Tous s'entre-regardaient , étonnés , ébahis.

L'un disait : Il est jeune , il veut voir du pays ; L'autre : Il s'est allé battre ; il s'est pris de querelle ; L'autre d'une antre idée embrouillait sa cervelle. Pe regret cependant j'avais le coeur serré ; Lucrèce et moi. Monsieur, nous vous avons pleuré. Ia pauvre demoiselle !... elle souifrart dans l'ame De rester veuve ayant que d'avoir été femme.

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