SCÈNE V
Que voulez-vous ? notre sexe est finyole :
Heureux qui sait sur nos goûts se régler !
Pour nous séduire, il faut nous ressembler.
ANÂXIMANDRE.
Phrosine, enfin, où tend ce préambule ?
PHROSIIÏE.
Dût mon projet vous sembler ridicule , Mon avis est qu'il faudrait commencer....
ÂlïAXIMAlïDRE.
Eh bien! par où?
PHROSIKE.
Par apprendre à danser.
A19AXIMANDRE.
Moi ! que je danse ?
PHROSIT9E.
Oui, si vous voulez plaire.
C'est un talent important, nécessaire.
Que voulez-vous qu'on fasse d'un amant Qui ne sait pas saluer, seulement ?
ANAXIMAI7DRE.
 danser, moi, j'aurais fort bonne grâce !
PHROSINE
Bon ! est-ce là ce qui yous embarrasse ?
C'est moins que rien.... Et tenez, sans façon, Nous sommes seuls! prenez une leçon.
Sans me flatter , je puis servir de maître ; Essayez^en.
Cela ne saurait être :
Grâces au ciel , Pamour ne me fait point Extrayaguer encor jusqu^à ce point.
PHROSINE
Ah ! TOUS voilà ! Toujours de la morale !
Jadis Hercule a filë pour Omphale ,
Et ce héros , vaincu par deux beaux yeux ,
N'en est pas moins au rang des demi-dieux.
Consolez-vous : filer pour une belle
Fait moins d'honneur que danser avec elle.
( Ea lui prenant la main. )
Çàf commençons.
AI=fAXIMAIÏDRE, UsiUnt.
Quoi! sérieusement?
Vous espérez.. «•
PHR0SII7E.
Quelques pas seulement.
Non , point du tout.
pHrosine.
Rien qu'une révérence , Là.
ANAXIMAIÏDRE.
■ C'est avoir bien de la complaisance.
PHROSIKE.
Allons, courage !... avancez quelques pas...»