SCÈNE V. 3î
Yons vous troublez ; je sms sûre du fait.
Phrosine!.... Eh bien! Vous savez mon secret. Au nom des dieux, si ma douleur vous touche.
Sur ce secret n^ouvrez jamais la bouche ; A votre sœur sur-tout cachez-le bien :
Vous causeriez son malheur et le mien.
Il est trop vrai que je brûle , que j^aime , Que je voudrais le cacher à moi-même. Indigne aveu!
PH&OSINE.
Le grand mal que voilà!
Qu'avec regret vous avouez cela !
ANAX1HANDRE.
Moi!... moi! que j'aime et que je cherche à plaire?
PHROSD^E.
Pourquoi donc pas P Voyez la belle affaire !
Vous lui plairez , c^est moi qui vous le dis :
Mais écoutez, et suivez mes avis.
Défaites-vous de cette barbe énorme
Qui vous déguise et qui vous rend difforme.
Ce manteau brun vous vieillit de dix ans.
Quittez cela; voyez nos élégans :
C'est un habit qu'il faudra qu'on vous btode;
Je vous dirai la couleur à la mode..
Tous ces points là , chez vous autres savans ,
Semblent des riens : ces riens sont importans;
Ils font valoir la taiUe » la figure ;
Adonis même eut besoin de parure*
ANAXIMÂKDRE.
Vous, me donnez des conseils meryeilleox!
Qui? moi? j'irais faire Tayantageux,
D'un jeune fat copier la folie ,
Et posément jouer Fétourderie P
Je me ferais siffier, montrer au doigt;
Mon air léger paraîtrait gauche et froid....
Et cependant jugez de ma faiblesse
Et du pouvoir d'une aveugle tendresse :
Si je voyais , pour plaire à votre sœur,
Qu'il me fallût changer de ton, d'humeur,
Devenir fat et galant malhabile ,
Me faire enfin chansonner par la ville ;
De mon amour tel est l'indigne excès.
Je crois encor que je m'y résoudrais.
Heureux, content, si me rendant justice
Elle sentait le prix du sacrifice;
Et si son cœur, comme le mien épris ,
M'aidait du moins à braver le mépris !
PHROSINE
Vous devenez déjà plus raisonnable.
Sans être fat on peut être agréable ,
Faire sa cour, prendre le ton galant ,
Et.... par exemple, il vous manque un talent....
AIïÂXIMAIïDaE.
Lequel ?
panosiîfE.
Je vai3 vous paraître un peu folle.