MÉLISSE, LISE, LUCRÈCE
Bonjonr, ma chère. Eh bien ! quelle nouvelle étrange.*^. . . On parle d^un duel de Cléandre et de Florange ! Est-il vrai ?
MÉLISSE
Mon Dieu ! non. Qui t'a conté cela ?
LUCRÈCE
Mais. • • c'est un bruit qui court.
MÉLISSE
Faux bruit que celui-là.
LUCRÈCE
Je croyais vous trouver tous ici bien en peine , Et c'est d'abord chez toi le sujet qui m'amène ; Car je dois , comme amie, entrer dans tes chagrins.
MÉLISSE
Je puis te rassurer; c'est à tqrt que tu crains. Mais ta tendre amitié m'est par-là confirmée...
LUCRÈCE
On m'avait , je le vois , sans raison alarmée. Parlons moins tristement d'autre chose,..
MÉLISSE
Et de qaoi ?
LUCRÈCE
C'est qu'un second motif m'amène aussi chez toi.
Je viens te demander un conseil, en amie.
Sur un point délicat à toi je me confie.
Tu sais comment le sort, me frappant de ses coups ,
Me fit yeuye deux fois , sans avoir eu d'époux.
MÉLISSE
Comme toi j'ai souffert une fâcheuse épreuve; Après trois mois d'hymen , ne restai-je pas veuve ?
LUCRÈCE
Je n'ai point été femme , et tu le fus trois mois ; La différence est grande.
MÉLISSE
Eh ! pas tant que tu crois.
LISE
Le mari de madame était d'un si grand âge !
MÉLISSE
Mais pour te consoler par un autre avantage , Une tante , en mourant , te laissa dans Lyon Sa maison assez belle et sa succession.
LUCRÈCE
Pour recueillir ses biens , ici je suis venue ; C'est un bonhejir pour moi, puisque je t'ai connue; Lyon aussi me plaît ; j'y vois» briller partout La joie et les plaisirs , l'opulence , le goût ;