‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 149 sur 259 · MÉLISSE, LISE, LUCRÈCE · texte numérisé non relu

MÉLISSE, LISE, LUCRÈCE

Bonjonr, ma chère. Eh bien ! quelle nouvelle étrange.*^. . . On parle d^un duel de Cléandre et de Florange ! Est-il vrai ?

MÉLISSE

Mon Dieu ! non. Qui t'a conté cela ?

LUCRÈCE

Mais. • • c'est un bruit qui court.

MÉLISSE

Faux bruit que celui-là.

LUCRÈCE

Je croyais vous trouver tous ici bien en peine , Et c'est d'abord chez toi le sujet qui m'amène ; Car je dois , comme amie, entrer dans tes chagrins.

MÉLISSE

Je puis te rassurer; c'est à tqrt que tu crains. Mais ta tendre amitié m'est par-là confirmée...

LUCRÈCE

On m'avait , je le vois , sans raison alarmée. Parlons moins tristement d'autre chose,..

MÉLISSE

Et de qaoi ?

LUCRÈCE

C'est qu'un second motif m'amène aussi chez toi.

Je viens te demander un conseil, en amie.

Sur un point délicat à toi je me confie.

Tu sais comment le sort, me frappant de ses coups ,

Me fit yeuye deux fois , sans avoir eu d'époux.

MÉLISSE

Comme toi j'ai souffert une fâcheuse épreuve; Après trois mois d'hymen , ne restai-je pas veuve ?

LUCRÈCE

Je n'ai point été femme , et tu le fus trois mois ; La différence est grande.

MÉLISSE

Eh ! pas tant que tu crois.

LISE

Le mari de madame était d'un si grand âge !

MÉLISSE

Mais pour te consoler par un autre avantage , Une tante , en mourant , te laissa dans Lyon Sa maison assez belle et sa succession.

LUCRÈCE

Pour recueillir ses biens , ici je suis venue ; C'est un bonhejir pour moi, puisque je t'ai connue; Lyon aussi me plaît ; j'y vois» briller partout La joie et les plaisirs , l'opulence , le goût ;

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