‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 148 sur 259 · ACTE II, SCÈNE IL 25g · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL 25g

MÉLISSE

Et }e ne dois pas moins à sa vertn suprême;

Car enfin, vous sauver, c'est me sauver moi-même;

L'amitié nous unit d'un si tendre lien ,

Que votre défenseur me semble aussi le mien.

CLEANDRE.

 ta vive amitié, ma sœur, je suis sensible.

Pour m'acquitter vers lui , fais donc tout ton possible.

MELISSE.

Oh! }e vous le promets. Déjà j'ai commencé D'exécuter le plan que vous m'aviez tracé.

Lise a vu ce jeune homme; elle a su lui remettre Les deux cents louis d'or avec un mot i^ lettre. Il ne soupçonne pas d'où lui vient ce présent; C'est de quoi lui causer un embarras plaisant.

« CLEAî^DRE.

Lise a vu ce jeune homme P

LISE

Oui , Monsieur.

CLEAl^DRE.

Qu'en dit-elle?

BIÉLISSE.

A faire son éloge elle montre un grand zèle ; Elle loue à-la-fois son esprit, son maintien...

CLEAÏïDRE.

Crois qu^on ne peut jamais en dire trop de bien; C'est à nous qu'il oblige, en cette circonstance.

2fo LA SUITE DU MENTEUR.

De lui faire éprouver notre reconnaissance.

Sous ce même prétexte et ces déguisemens,'

Ajoute à cet argent bijoux et diamans;

Qu'il ne manque de rien , et, pour sa délivrance ,

Je vais de nos amis faire agir la puissance.

Si je ne puis des fers autrement le tirer.

Je ferai mon devoir : j'irai me déclarer.

MÉLISâTE.

Vous me faites frémir !

CLÉAI9DBE.

L'honneur me le commande.

MÉLISSE

Mais des nouveaux édits la rigueur est si grande ! Et contre les duels on sévit à tel point!

GLÉAKDRE.

Raison de plus , ma sœur, pour ne Fé^ppser point.

UN DOMESTIQUE d«M<IisM.

Madame , en ce moment Lucrèce vous demande.

MÉLISSE

Qu'elle entre.

( Le domestique sort.) CLÉAÎïDRE.

Du secret. Je te le recommande.

J'espère n'être point forcé de me trahir.

Mah à tout prix enfin , il faut le secourir.

Adieu. De ton c6té , prends souci de me plaire. Et vois ce que tu dois à qui te sauye un frère.

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