‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 174 sur 259 · ACTE III, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VII

MÉLISSE

Ce procédé, du moins , montre un coeur délicat; Et nous en instruirons celle qui nous envoie.

BORAI^TE.

Dites que ce portrait fait mon bonheur, ma joie ; Que rien n'approcherait de mon ravissement , Si je le possédais de son consentement ; Qu'il est Tunique bien où mon espoir se fonde ; Qu'avant de le céder je perdrais tout au monde...

(A Mélisse.)

Penses-tu que , sachant à quel point il m'est cher, Ta maîtresse voulût encor me l'arracher P

MÉLISSE, émut.

Monsieur!...

Parle.

MÉLISSE

Est-ce à moi de parler pour Madame ?

Pourtant mieux que ma sœur je dois lire en son ame.

DORANTE, tTcc intention.

Qui ? Toi ?

MÉLISSE

Puisqu'à le rendre on ne peut vous forcer.

Il faudra l'amener jusqu'à vous le laisser.

J'y tâcherai , du moins.

Ah ! tu me rends la vie !

( Avec une intention plus marquée )

Ecoute. Ta maîtresse es^ici bien jolie;

Mais toi qui la connais , avec sincërité Dis-moi si le portrait n'est pas un peu flatté ? Un peintre assez souvent embellit son modèle.

MÉLISSE, ôtant son voile.

Vous tenez le portrait; jugez s'il est fidèle.

DORAI^TE.

Que voîs-je ? Eh quoi ! c'estvous ? Je ne me trompe pas. . . Non; mon cœur est déjà trop plein de vos appas... Madame , c'est ainsi que vous savez surprendre ?

MÉLISSE

C'est ainsi que je tâche à ne me point méprendre , A voir si vous m'aimez , et si vous méritez D'obtenir ce retour que vous sollicitez.

DOJIANTE.

Pour y donner des droits si l'amour peut suffire , Ah! croyez...

MÉLISSE

Qu'aisément on croit ce qu'on désire !

Hélas! j'ai tort peut-être, et me flatte trop tôt.

BORANTE.

Pour vous persuader, qu'est-ce donc qu'il vous faut ? Ordonnez; j'obéis.

MÉLISSE

Faut-il que je le dise ?

En d'étranges soupçons contre vous on m'a mise Je suis bien informée, ou du moins j'en ai peur.

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