ACTE IV, SCÈNE III. 3o
Tu ris ? Toffre a de quoi te plaire ?
Aussi c^est un cadeau que je songe à te faire ; Ce serait un trésor qu'un ëpoux comme lui !
Tu n'aurais pas à craindre un seul instant d'ennui ; Il est homme d'esprit , et comme il sait la mode , On n'aura jamais vu de mari plus commode ; Il verra tes galans sans les efFaroucher...
CLITON
Pardonnez-moi , Monsieur, je pourrais m'en fâcher. Cliton ne veut pas être un sot, ne vous déplaise.
Et de plus ses talens te feront vivre à l'aise.. • Il a trente métiers qu'il peut faire valoir.
CLITON
Moi? Je n'en ai pas un. Vantez moins mon savoir.
DORANTE, baskClitoB.*
Que t'importe? tais-toi.
( Haut. )
Sans compter de gros gages , Il jouit près de moi de bien des avantages; On s'attache toujours par ses propres bienfaits ; »
Aussi j'aime Cliton , et je veux désormais , S^il vient à me quitter, tju'à son aise il existe. Je l'ai pris avec moi dans un état si triste ! Le pauvre diable était sourd et muet.
CLITON
Comment ?
3io LA SUITE DU MENTEUR-
Je Tai guéri moi-même, et radicalement.
De ses infirmités il ne reste pas trace , Tu le vois , et pourtant le mal était tenace ; Cette cure m'a fait un honneur infini.
LISE
Etes-yous médecin?
Bon ! Taurais-je guéri , Si je Tarais été ?
CLITON, à part.
Je reconnais mon maître :
Il est ce qu'il était, ce qu'il doit toujours être. Le naturel demeure ^ et Ton ne change pas.
Qu'est-ce que c'est , Cliton P que dis-tu là tout bas ?
CLITON
Je dis qu'assurément je dois vous rendre grâce.
Il prononce fort bien; nul mot ne l'embarrasse; L'organe est pur et net.
LISE
Je n'en puis revenir !
CLITON, )i part
La pauvre fille en tient.
Je veux donc vous unir ,