ACTE IV, SCÈNE V. Sig
LUCRÈCE
Dorante , nous savons tout ce que vous valez.
Mais Cliton vous servait, quand votre humeur légère.. ;
Vous allez me répondre encor : c'était mon frère.
DOBAIilTE.
Sans doute, puisque cVst l'exacte vérité.
LUCRÈCE
Nous avons éprouvé votre sincérité.
On vous peut aisément résoudre ce problême ,
Et Cliton, sur-le-champ , va l'expliquer lui-même.
Allons, parle.
CI»ITON.
Qui ? moi , Monsieur ?
Veux-tiv parler ?
Moi , Monsieur ? devant vous que j'ose m'en mêler ! J'aurais tort , et pourrais dire quelque sottise.
Non, parle sans détour; imite ma franchise.
Dis comment tu servis mon frère un an ou deux , N'est-ce pas ?
CLITON
Eh ! oui ; mais vous le direz bien mieux.
Cliton était à moi dès ma tendr^ jeunesse ; De le garder toujours j'aurais eu la faiblesse ,
3iô LA SUITE DU MENTEUR-
Qaoiqa^ii soit libertin ; mais lonsque je partis Pour Florence , il voulut demeurer à Paris ; Perdre de vue un jour \b coq de sa paroisse , En honnête badaud , lui caiisait de Tangoisse ; Nous nous quittâmes donc , et je plaçai Cliton Au gré de ses désirs , en fort bonne maison.
Il s^en fit renvoyer pour sa tête légère , Fut trois ans postillon , pui$. entra chez mon frère, Qui, venant à Paris, le prit auprès de lui.
Ce dernier maître enfin sMtant un jour enfui , Comme vous le savez , Cliton eut le courage , Me regrettant, de faire à pied un long voyage ,
Pour me joindre à Turin, d^où je Tai ramené.
Pour le besoin le conte est bien imaginé.
En fait dMnventions sa tête est si féconde , Qu'il sait bien se défendre avant qu'on le confonde ; Mais j'aurai cependant des preuves aujourd'hui , Qui montreront le fonds qu'on peut faire sur lui.
MÉLISSE
Des preuves .''...
LUCRÈCE
Oui, j'en ai.
Quoi donc ? Que pourra! t*ce être ?
LUCRÈCE
Lorsqu'il en sera tems, je les ferai connaître.