‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 195 sur 259 · MÉLISSE, DORANTE, CLITON, LISE · texte numérisé non relu

MÉLISSE, DORANTE, CLITON, LISE

DORAîïTE.

Je la plains , car on voit qu'elle souffre dans l'ame. Mais c'est vous que je veux persuader , Madame ; Et c'est à vous sur-tout qu'il m'importe , en ce jour,

D^ôter tous les soupçons fâcheux à mon amour. Si mon frère eut des torts , en suis-je responsable ?

MÉLISSE

D^ayec lui n'étes-vous en rien méconnaissable ?

En rien. D'ailleurs Lucrèce a l'esprit prévenu , Et sans cela ses yeux peut-être auraient mieux vu. * La vérité pourtant est que , dès notre enfance , Nos parens se trompaient à cette ressemblance; Quand on nous mit tous deux au collège , à Poitiers , Elle fut le sujet de beaux tours d'écoliers ; Je veux vous en citer un exemple entre mille. Nous aimions fort la paume ; et souvent par la ville , Avec nos compagnons , et loin.de nos régens, Nous allions à ce jeu prendre nos passe-tems. Je n'y jouais pas mal , beaucoup mieux que mon frère, Et mon talent servait à le tirer d'affaire ; Se laissant engager inconsidérément , Il s'exposait, en dupe, à perdre son argent, En jouant but à but avec gens qui , sans risque , Auraient pu, tout au moins, lui rendre quinze et bisque ;

* On peut passer, à la représentation, les vers qui sont* entre les deux astérisques ; alors il faudrait dire ainsi :

MELISSE.

Mais TOUS parlei aussi d*nne chose étonnante. Par curiosité , etc.

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