ACTE IV, SCÈNE VI. SaS
Le perfide , en secret , s^enflamma pour ma belle , Lui déclara ses feux; mais elle était fidèle : Elle s'en défendit sans bruit et sans éclat; Combien son procédé fut sage et délicat!
Mais lui , loin d^étouffer une ardeur téméraire , Par un mensonge aisé cherche à la satisfaire ; Me sachant en voyage, il me prévient d'un jour, ' Et feignant que j'avais avancé mon retour, A ma place il accourt chez ma belle maîtresse...
LISE
Aïe ! aïe !... voyez un peu quelle ruse traîtresse ! Elle le prit pour vous...
PORANTE.
J'arrivai , par bonheur, Fqrt k propos pour moi , fort mal pour le «trompeur.
MELISSE,
Ah ! tant mieux.
Vous jugez si cela se pardonne !
Furieux , je voulus le combattre en personne ; Quelques amis communs m'en empêchèrent ; mais Tous liens entre nous sont rompus désormais ; En même lieu que lui jamais je ne séjourne :
J'arrive d'Italie, et mon frère y retourne.
LISE
Vraiment, j'approuve fort cette précaution; Sans quoi , gare l'erreur du double Amphytrion,
Je prendrai garde aussi que cet autre moi-même Ne soit plus mon rival près de celle que j^aime.
(A Mélisse.)
Vous ne le verrez point.
MÉLISSE
Croyez qu'en pareil cas Un cœur tel que le mien ne se méprendrait pas.
LISE
£h ! Madame , après tout , de quoi peut-on répondre ? SMls sont si ressemblans, j'aurais peur de confondre.