ACTE V, SCÈNE VI
DORANTE, d«mtaic
Après tout , c^est mon frère ; et mon cœur se déchire i Lorsque je songe aux maux qu'il aura dû souQrir... Oui... sa lettre à-la-fois me fait peine et plaisir.
( Feignant d'apercevoir les danct arec nirpriie. )
Ah ! pardon !
MÉLISSE
Quel chagrin trouble si fort votre ame ?
Je ne vous savais pas si près de moi , Madame. Ce qui m'arrive ici pourra vous étonner ; J'étais hier au soir loin de le soupçonner.
MÉLISSE
Qu'est-ce ?. . .
Vous vouliez voir monfrère , le connaître ; Vous aurez avant peu ce plaisir-là , peut-être.
MÉLISSE
Est*il possible ?...
Eh ! oui : par cette lettre-ci , Qu'on me rend à l'instant , j'apprends qu'il vient ici.
LUCRÈCE
Votre frère ?
Du moins j'espère qu'à sa vue , De ma sincérité vous serez convaincue.
LUCRÈCE
De vouloir me convaincre épargnez-vous le soin. Cette lettre , je crois , ne vient pas de bien loin.
Madame , du beau sexe on sait le privilège ; Sa grâce , sa faiblesse en tout tems le protège , Et je souffre de vous un. propos un peu dur...
LUCRECE
Vous n'êtes pas au bout, et je joue à jeu sûr.
MELISSE, à Dorante.
Ob ! ne vous fâchez pas ; mon amie aime à rire.
Enfin voici la lettre, et vous pouvez la lire.
MELISSE, prenant U lettre.
Voyons.
(A Lucrèce.)
Ecoute bien , et dis-m'en ton avis.
(Elle Ut.)
Marseille, le
« Mon frère , je dois convenir que j'ai eu de grands » torts envers vous ; vous n'en êtes pas exempt envers » moi: oublions-les réciproquement »
Ces torts sont justement ceux que je vous ai dits. Puis-je les oublier ?... il était bien coupable !...
MELISSE.
Dorante I l'écriture à la vôtre est semblable.