ACTE V, SCÈNE VI
Vous le trouvez ? Oui , c^est la mienne absolument; Mais de tous nos rapports c'est le moins surprenant. Ayant , dès notre enfance ^ appris du même maître , Et semblables en tout autant qu'on le peut être, Nous ayons en commun encore ce trait-ci.
LUCRÈCE
L'aciroit fripon !... où donc a-t-il pris celui-ci ?
(A Mélisse.)
Quoi ! cette ressemblance ! . . .
MELISSE.
Est extraordinaire , Mais non pas impossible ; et Ton cite , au contraire , Des exemples fameux...
LISE
Eh ! l'on en a vu cent.
LUCRÈCE, ^M^lifse.
Tu fais ce que tu peux pour le croire innocent.
MELISSE.
Mais comment aurait-il pu deviner , ma chère , Que tu gardais encor les lettres de son fr&re , Et que tu me viendrais les produire aujourd'hui , Pour les faire servir de preuves contre lui ?
LUCRÈCE
Un démon qui le sert, sans doute a su l'instruire.
Quoi ! Madame ! . . . est-il vrai ?... vous cherchiez à me nuire ?
LUCRÈCE
Vraiment !... sachezHRioi gré d'avoir, jnsqu^â ce jour. Gardé tous vos billets , gages d'un faux amour.
BORAIÏTE.
Les billets de mon frère.
MÉLISSE
Ecoutez, je vous prie.
( Elle coatinnc de lire. )
« Je crois que vous me plaindrez , quand vous sau- » rez ce que j^ai souffert. Après avoir été pris sur mer » par un Turc corsaire , j'ai demeuré dix-huit mois cap- » tif en Barbarie , d'où j'arrive depuis peu... »
LISE
Le pauvre malheureux ! captif en Barbarie !
LUCRÈCE
Calme- toi : ne crois pas qu'il ait souffert beaucoup.
LISE
Prissurmer !. ^ . par un Turc!. . .
MÉLISSE
Paix, Lise, encore un coup.
(Elle Ht.)
« Je ne vous cache pas que je vais^ chercher à Lyon » une aimable personne que j'ai dû épouser à Paris , il » y a deux ans... »
Lucrèce , maintenant voici qui te regarde.
« Je fus séparé d'elle tout d'an coup , et bien malgré » moi , par l'événement le plus singulier que je vous