‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 216 sur 259 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

Les mêmes , CLÉANDRE et CLITON qui entre

derrière lui.

CLÉANDRE

J'éprouve en ce moment un chagrin bien sensible, Cher Dorante , vous seul vous pourrez l'adoucir En prenant le parti que je viens vous offrir. Il faut vous éloigner ; c'est la seule ressource ; Partez à l'instant même ; acceptez cette bourse.

A de nouveaux périls vous serrez exposé.

Deux témoins contre vous , dit-on , ont déposé ; Si leur erreur allait vous devenir funeste !

J^en frémis K.. Profitons de Tinstant qui nous reste. Dans un moment de trouble, hier j'ai pu céder, Ne croyant pas vous faire alors tant hasarder. Aujourd'hui ce serait mériter trop de blâme ; Le danger m'appartient , ainsi je le réclame ; Recevez mes adieux ; embrassez-moi ; partez.

L'offre vient à propos ; mon cher maître , acceptez.

Dans un cœur généreux l'honneur ne peut se taire , Et vous faites ici ce que vous devez faire ; L'honneur m'apprend aussi comme j'en dois user; Il vous prescrit d'offrir, à moi de refuser.

CLÉANDRE

De refuser ?. . . Comment !. . . Y pensez-vous , Dorante ?

'dorante.

Notre position , Cléandre , est différente.

Qu'ai'je à craindre , après tout ?. . Je saurai bien prouver Qu'à Lyon j'étais près seulement d'arriver , Que' je n'y pris jamais querelle avec personne , Ainsi donc , supposé qu'encore on m'emprisonne , Ce sont de mauvais jours qu'il faudra supporter, Et ce n'est pas de quoi beaucoup se tourmenter. Mais pour vous , cher Cléandre , il n'en est pas de jnéme,

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