SCÈNE III
Elle est coquette.
CHAPBLLE.
Un peu ; doit-on s'en étonner ?
C'est un tort de son âge , «t qu'on peut pardonner. Pourquoi donc t'afiliger ?... là sotte £antaisie ! Tu nous as tant fait rire aux dépens des jaloux.
Et tu serais toi-même atteint de jalousie!
Je le vois aux soupçons dont ton ame est saisie : L'amour £adt d'un grand homme un homme comme nous.
MOLIÈRE
Ah ! si î'étais enclin à cette frénésie ,
Isabelle souvent tourmenterait ma vie !
Je ne le vois que trop , et je crois qu'il vaut mieux
Eviter des chagrins...
CHAPELLE
Ma foi ! mon cher Molière , Tu prends la chose aussi d'un ton trop sérieux. Traitons l'amour gaiment , et tenons-nous joyeux. Tâche de m'imiter : ma vie est régulière ;
Je m'enivre tous les jours ;
De belle en belle je cours ;
Le changement me réveille;
Je suis volage en amours.
Et fidèle à la bouteille.
Allons, je prendrai soin de me régler sur toi. Ta morale est fort douce.
CHAPELLE
Et c'est la véritable.
Tu te crois plus sage que moi ; Mais...
MOLIÈRE
Grâce au ciel , voici quelqu'un de raisonnable. Bonsoir à notre cher Mignard.