SCÈNE III
Puis je compte si bien eniyrer nos amis 9 Qu'ils demandent un lit plutôt qu'une voiture.
' MOLIÈRE
On m'a conté, comme un de tes exploits nouveaux, Que tu fis l'autre jour trop boire Desprëaux?
'C'était pour me venger: toujours prompt à médire, Ce Boileau des buveurs me faisait la satire ,
Et gravement me pérorait.
Je l'ai tout doucement conduit au cabaret.
Là , tout en l'écoutant , et sans le coatredire , Je lui versais à boire, et mon bomme , à la fin, Toujours grondant, buvant, et se donnant carrière. Se coifia le cerveau de la bonn^ manière ,
En déclamant contre le vin.
MOLIÈRE
C'est la mode, à présent!... voilà comme vous êtes !..
CHAPELLE
Toi-même je t'ai vu quelquefois en goguettes.
MOLIÈRE
Mais jamais jusqu'au point de perdre la raison.
CHAPELLE
Va; tout bomme la perd, cbacun à sa façon.
Le vin est mon pencbant ; le tien c'est la tendresse :
Isabelle est l'écueil fatal à ta sagesse.
MOLIÈRE
Isabelle !
Oui ; la petite Bëjart.
Vous boudez , maintenant, chacun de votre part; Mais elle en est fâchée , et tu Tes autant qu^elle.
MOLIÈKE.
Non , non ; je suis guéri , crois-moi , Et je n^aime plus Isabelle.
CHAPELLE
Allons donc , sois de bonne foi ; Isabelle est charmante , et toujours applaudie ; Elle est pour ton théâtre un sujet excellent;
Dans ta dernière comédie
Elle a fait preuve de talent!
MOLIÈKE.
Certain duc espagnol va toujours chez sa mère!
CHAPELLE
C'est là ce qui t'occupe!... Eh! mais , quelle chimère
Vas-tu te mettre dans l'esprit ?
Chez madame Béjart , oii l'on se divertit ,
La bonne compagnie abonde , Et ce seigneur y va comme tout le beau monde.
MOLIÈRE
La mère le reçoit ; la fille lui sourit.
CHAPELXE.
Pourquoi nonf... Cela te chagrine P Pour te plaire , jfaut-il qu'elle fasse la mine ?