LA FONTAINE, LA FORÊT
LAFONTAINE entre en rlTant , et sans roir le Fortt.
Mon élégie est faite, et mon ame affligée, En exlialant ces vers , s^est au moins soulagée!
LA FORÊT
. Par où donc avez -vous passé ?
Monsieur!... peut-on, sans vous distraire. •• ?
LA F019TAINIÇ, tonjonrs sans voir Le Forêt.
Devait-il éprouver la fortune contraire , Celui que si long-tems elle avait caressé ?
. Ce grand surintendant , kii qu'admirait la France , Voit tomber tout d'un coup ses honneurs , sa puissance !
Un jour, un seul jour Ta perdu.
Le vent frappe et détruit Tarbre qui lui résiste;
L'humble roseau plie et subsiste ,
Par sa faiblesse défendu.
LA FORÊT, àpart.
Je sais ce qui le rend si triste ; n plaint monsieur Fouquet, il en a bien sujet.
LA F019TAINE
Vous parlez de monsieur Fouquet P Qu^en dit-on? que fait-il.'* Souffrez que je réclame...
LA FORÊT
Eh! quoi donc?...
LA FONTAINE
Vous prenez à lui de Tintërét ; Auriez-yons k la cour quelque crédit , Madame?
LA FORÊT
Moi ?... moi ?,.. mais je suis La Forét« Regardez donc.
LA F O NT A I N E y nvcnant m montât cb m distnetion.
Ab!.. ah!., c^estyrai.
( Il retonlM daof la rlTerie. )
Dans sa détresse Je dois me souyenir de ce qu'il fit pour moi, Et lui rendre aujourd'hui tendresse pour tendres3e. Si je puis le seryir, A dieu! quelle allégresse ! On a souvent besoin d'un plus petit que soi. * Mais que tenter ? que faire? Espérance trop yaine! Dans le monde je ne puis rien , Moi qui n'ai ni crédit ni bien , Moi qui suis , quoi ? Jean La Fontaine.
J'aurai beau m'eflbrcer et prendre de la peine ; J'ai bien la yolonté, mais je n'ai nul moyen... Que ce faible talent que j'obtins en partage Paie au moins son tribut au malheur d'un ami ! Il fait assez d'ingrats !.... La fortune volage Ne peut me détacher de cet objet chéri ; Je lui donne des vers , ne pouyant dayantage*
* Vers de La Fontaine. .