LA FONTAINE, DESPRÉAUX, CHAPELLE, LULLI, MIGNARD, LA FORÊT
OESPRÉAVX.
Ah! le voici lui-même!... où s'ëtait-il caché?
C H A. PELLE
Ta nous as fait courir.
lA FONTAINE.
Vraiment?... j'en suis dchë.
De quelque autre côte jetais allé sans doute. De Paris jusqu'ici j'ai fait à pied la route; J'ai passé ma j.ournëe à composer des vers, . Une triste élégie où ma plaintive muse De son cher bien£aiiteur déplore le revers ; L'ouvrage est assez bon , si l'orgueil ue m'abuse.
DESP&ÉAUX.
Montrez-le; nous verrons.
LA FONTAINE
Mon, ce n'est pas l'instant D'occuper vos esprits d'un objet attristant; Moi-même j'ai plutôt besoin de me distraire , Et je veux être à vous entièrement ce soiri *
Mes amis !
CHAPEXLE.
C'est bien dit. Pourquoi broyer du noir Et s'afBiger, lorsque l'on peut mieux faire .*'
LULLI
Je suis pour qu^on s'amuse.
MIGNARD
Et moi , j^en dis autant.
Nous voyons 9 grâce au ciel, Molière mieux portant t Quel bonheur pour la comédie!
BESPREAUX.
Ajoutez-y pour ses amis ,
Pour son siècle et pour son pays,
Dont il est le plus beau génie.
Ma foi , je suis de ton avis.
C'est notre maître à tous; sous sa plaisanterie ^ Que de raison souvent et de philosophie !
Le chef-d^œuvre le plus divin Qui soit jamais éclos du cerveau d'un humain^ C'est Tartuffe.
LA FONTAINE
Messieurs, j'ai lu , ces jours passés ^ Le prophète Baruch ; je goûte sa manière.
Dites-moi donc un peu si vous Je connaissez?
DESPRÉAUX
Oui.
LA FONTAINE
* Croyez-vous qu'il eût plus d'esprit que Molière ? Ou bien Molière en a-t-il plus que lui ?
BESPRÉAUX, lai frappant sur l'ëpaal« , et lui faiiaat apcrctToir
qu'un de ses bas est à l'enirers.
Mon cher monsieur de La Fontaine ^