‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 249 sur 259 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Les mêmes, MOLIÈRE, LA FORET.

MOUÈtiE.

Mes amis , on m'apprend ce que vous projetez..

BESPRÉAUX.

Molière nous manquait ; bon ! il sera des nôtres.

Molière.

Mais devais-je être instruit par d^autres ?

CHAPELLE

Nous comptions bien t'aller chercher !

Vraiment , nous aurions eu trop à nous reprocher De ne pas t'emmener dans un pareil voyage , Mon bon ami!...

' MOLIÈRE

Comment ! je vous en voudrais fort ! . . .

Je dois partager votre sort.

4i!» MOLIÈRE AVEC SES AMIS.

HIGNAaD.

Moi , je Tai .toujours dit; Molière a du courage.

CHAPEItE.

Vous voyez bien qu'il est de notre avis.

Comment donc ? si j'en suis ?. . . il n'est rien de plus sage , Rien de plus admirable i,. Ecoutez, mes anus: Je sais un bon moyen d'assurer notre gloire ,

De vivre à jamais dans l'histoire ; Mourons avec éclat ; mourons en plein midi ; Demain, aux yeux de tous, faisons ce coup hardi;

Laissons l'exemple mémorable De poètes , d'amis , morts ensemble à dessein ; Et terminons une vie honorable

Par la plus honorable fin.

LULLI

A mourir en public j'ai quelque répugnance.

MOLIÈRE

Bon! tu n'y penses pas ; cela vaudra bien mieux.

Vois notre troupe qui s'avance Le calme sur le front, la gaité dans les yeux,

Parmi les flots d'un peuple immense , Fixant sur nous st% regards curieux!

La scène sera magnifique.

CHAPELLE, it Molière.

Ce sera la dernière, ami, que tu joueras.

MOLIÈRE

Elle sera , parbleu ! d^ois le genre héroïque.

Page 1