SCÈNE XIV. 4o
MIQI^ARD.
Âh! si Ton avait du courage!
LA FONTAINE
Mais on est lâche , et Ton enrage , Quand on pourrait si tôt de ses maux se guërir!
MIGNARD
Ma foi!... ce serait le plus sage!
LA FOHÊT, àpart.
Quel diable de propos!... Parlent-ils tout de bon?
CHAPELLE
Si je trouvais un compagnon,
Un seul j là, qui voulût me suivre!...
MIGNARD
Tu n'en manqueras pas ; moi , morbleu!
CHAPELLE
Toi?
BfIGNARD.
Oui, moi.
LULLI
Vous voilà déjà deux!... nous serons trois , ma foi ! Touchez là.
LA FONTAINE
Mes amis , pourrais-je vous survivre ?
LA FORÊT, iipart.
Des gens d'esprit comme eux ! ce que c'est que d'être ivre l Si je ne l'entendais , je ne le croirais point.
CHAPELLE
Sommes-nous des amis? moi, je pars de ce point.. .
4io MOLIÈRE AVEC SES AMIS.
Si nous le sommes , il me semble QaUl nous faut finir tons eiisemble.
LA FOÀÊT, à|nrt.
Je commence d'aroir j vraiment , quelque frayeur.
TOUS l'U'fùh.
Oni , tous ensemble.
LA FORÊT ^ Iptrt.
Allons vite avertir Monsieur.
(Elu fort.) LA FOIÏTAINE.
Vous savez qu^aux vivans on conteste leur gloire ; Sont-ils morts P on devient )uste envers leur mémoire ; Faisons taire Fenvie , et de notre destin Jouissons au plus tôt , tous tant qu'ici nous sommes ; Soyons tous morts demain matin ; Demain matin nous serons de grands hommes.
DESPHÉAUX.
La Fontaine a raison. Il a bien përoré.
CHAPELLE
S'il faut qu'un de nous s'en dédise Je le tiens pour désbonoré.
LULLI
Pour déshonoré , soit.
MIONARBu
La nuit nous favorise.
LULLI
La riyière n'est qu'à cent pas.
SCÈHE XIV. 4n
Allons exëcuter cef te noble entréprise ; Je marche le premier^
Kôns ne te quittons pas.
ttLAiêtttt.
Pour la dernière fois, encore une rasade.
LULLI
Oh! nous ne risquons rien de boire à nos santés. Aucun de nous jamais ne sera plus malade.