ACTE I, SCÈNE IL
Plusieurs de tes parens , qui , pensant qu'ils héritent , D'une si prompte mort tout bas se félicitent : Ils vont prendre ton deuil , se partager ton bien ; Mais ils te le rendront.
BÂiGLEMOlïT.
Ma foi, je n'en salff rien.
Enfin, l'extrait fait foi contre mon existence; Ils me chicaneront, tu verras.
FOLLEYILLE.
Oui; sentence Par laquelle, vu l'acte, on doit te déclarer Mort, et te condamner à te faire enterrer.
DAIGLEMOI9T.
Si mon cousin pouvait , contre toute espérance , De mes quinze cents francs me &ire encor l'avance!
FOLLEYILLE.
Oh ! tu n'en serais pas long-tems embarrassé ;, Ce serait, je t'assure, un fonds bientôt placé.
DAIGLEMOI9T.
C'est assez discourir ; perjnets que je te dise D'aller au plus pressé ; va toucher sans remise Les mille écus.
FOLLEYILLE4
J'y vais : toi , tandis que je sors Et que je réglerai les choses âu-dehors , Travaille ici ; revois l'état de tes affaires ; Fais pour tes créanciers des billets circulaires ; Mande-leur de venir, et qu'ils sont trop heureuK^
Puisqu'on va les payer et finir avec eux;
Bien entendu pourtant quMls seront raisonnables y
Et feront snr leur dû des remises passables.
DAIGLEM019T.
Ma foi , tu sais fort bien qu'en leur donnant moitié , Il n'en est^s un seul qui ne fût trop payé.
FOLLEYILLE,
Allons, tout ira bien; sois sans inquiétude; Je suis plus las que toi de notre solitude ; n est tems d'en sortir, et de nous dissiper.
Ce soir, en certain lieu, je te donne à souper. Je t'ai fait, par besoin , mourir de mort subite ; Jj'argent comptant revient, et je te ressuscite. Adieu , je vais courir ; dans deux heures au plus Je reviens te chercher.
DAIGLEMOI9T.
Je compte là-dessus.
Bonjour, dépéche-^toi,