ACTE I, SCÈNE IIL ^'i
BÂIGLEMONT.
Pourquoi donc ?
BESCHAMPS.
Vous allez très-fort vous contredire ; Quand on est mort, je crois qu'on ne peut pas écrire.
DAIGLEMOI9T.
As-tu trouvé cela sans faire un grand effort ? Je compte bien aussi dater d'avant ma mort.
DESCOAMPS.
Bon.
BAIGLEMONT.
A mes créanciers je m'en vais faire entendre....
BESCHAMPS.
Quoi?
BAIGLEM0I9T.
Que dans l'autre monde étant près de me rendre , Jtloi j je n'ai pas voulu , débiteur scrupuleux , Partir pour si long-tems , sans prendre congé d'eux. Il faut des procédés.
BESCHAMPS.
Ma foi, c'est très-honnéte; Us en seront touchés.
BAIGLEM019T.
J'ai mon dessein en tête.
Laisse faire : mon style , énergique et concis , Amollira leurs cœurs dans l'usure endurcis; Je veux que , tout contrits de leurs fraudes notoires » Eux-mêmes de moitié réduisent leurs mémoires»
Parbleu ! si j^en allais faire d'honnêtes gens , Cela serait bien beau ! Ne perdons point de tems ; Ya chercher là-dedans mes papiers , je te prie , Tout de suite....
DESCHAMPS
Allons; c'est une plaisanterie , Monsieur; vous n'ayez point de papiers , entre nous , A moins que ce ne soit quelques vieux billets doux.
DAIGLEMONT.
Tu verras que tu sais mieux que moi mes affaires ? Je n'ai pas des papiers importans , nécessaires , Griffonnes, presque tous de la main des huissiers , Et dont m'ont fait présent messieurs mes créanciers ? Des assignations, des comptes , des mémoires?....
DESGHAMPS.
Ah ! j'y suis. Je m'en vais vous chercher ces grimoires i Cela doit faire un beau recueil.