ACTE II, SCÈNE IV. gS
FOLLETII^LE.
Ma foi , c^est de te laisser mourir.
Toi défunt , il n'est plus nécessaire de feindre ; Tu n'auras de ton oncle aucun reproche à craindre , Ni moi non plus; cela nous met tous en repos. Tiens , tu ne peux jamais mourir plus à propos.
DAIGLEHOKT.
Bis ; dis-nous des bons mots d'un air plaisant et leste* Sais-tu qu'il faut ayoir bien de l'esprit de reste , Pour en vouloir fourrer partout comme tu fais ? Je vais tout avouer à mon oncle ; je yais Me jeter à ses pieds....
FOLLEYILLE.
Oui , je te le conseille; Prends-moi le ton pleureur , il te sied à merveille ; Va faire le nigaud : tu n'as donc pas de cœur ? Je te demande où sont les sentimens, l'honneur?
DÂIGLEMONT.
Mais, encore une fois, que faut-il que je fasse ?
FOLLEVILLE
Je vais te l'indiquer ; car un rien t'embarrasse., ,
Notre projet enfin , jusqu'ici bien conduit ,
Pour être dérangé , n'est pas encor détruit.
Ton oncle ne sait pas le fin de notre histoire ;
Il te croit toujours mort: eh bien! laissons-le croire.
Toi, dans ce cabinet, renferme-toi sans bruit;
N'en sors pas un instant ; sitôt qu'il fera nuit^
gG LES ÉTOURDIS.
Tu partiras, muni d'une bourse assez ronde; Et dans quelque retraite agréable et profonde. Tandis que ton trépas causera nos soupirs , Tu vivras à ton aise au milieu des plaisirs^
DAIGLEMONT.
Et tu feras payer mes dettes ?
*• FOLLEYILLE.
Je Tespère.
DAIGLEMONT.
C^est que c'est là le point important de FaCEadre.
FOLLEYILLE.
En as-tu fait Tétat ? Peux-tu me le donner ?
DAIGLEMOIST.
Pas encore.
FOLLEYILLE.
Avant tout , il faut le terminer.
Tes créanciers , voyons, que leur as-tu fait dire?
Tantôt à quelques-uns j'ai pris le soin d'écrire Qu'on leur paierait moitié.
FOLLEYILLE.
Fort bien. Mon cher Desebamps, Il faut nous seconder.
DESCHAMPS
Volontiers; j'y consens.
FOLLEYILLE.
Fais autour de notre oncle ei^acte sentinelle ;