SCÈNE IL
Enfin tous deux par ma voix vous conjurent De mettre fin aux tourmens qu'ils endurent; Et , de leur part , je venais vous presser.
ATIAXIMANBRE.
Mes chers enfans , qu'ai-je à vous refuser?
Je les unis, s'il veulent, ce jour même,
▲ SP'ASIE
Ils en seront dans une joie extrême.
ANAXIMANDnE.
Je dois aussi, dans peu, songer à vous
ASPASIE
A moi ?
ANAXIMAI^DRE.
Sans doute ; il vous iaut un époux.
Je vous destine un homme de mon âge , Que je connais et que j'estime , ^^ sage , Un philosophe... «.
ASPASIE
Ah , ciel ! vous m'effrayez ! Quoi , mon tuteur , vous me sacrifiriez !
Aht faites choix d'un autre, je vous prie :
Si vous aimez un peu votre Aspasie , Qu'il ne soit point philosophe. . . .
AI9AXIMA19DRE.
Eh ! pourquoi ?
S'il vous aimait f . . . . s'il était. . . . comme moi ?
ASPASIE
Je le sens bien , il serait estimable ; Hais. . . ^
Achevez.
ASPASIE
Je le voudrais aimable.
ASAXIllIAl^BEE, àptrt.^
Elle m^ accable, hélas! sans s^en douter.
ASPASIE
Ce que je dis semble vous agiter; Vous pâlissez , quel sujet vous altère ?
AÎ^AXIM ANDRE, arecéckt.
Fatal objet , que le ciel en colère Pour mon tourment a formé tout exprès , Je veux vous fuir, vous quitter à jamais.
Votre air naïf cache une ame perfide ; Ce front si doux, ce regard si timide Promet la paix, la raison , la candeur ; Mais tout cela n'est pas dans votre cœur.
Prenez un fat, un être méprisable , Qui, se couvrant d'un dehors agréable, Sera volage , et frivole , et jaloux ; Et vous aurez un mari fait pour vous.
ASPASIE
Mon cher tuteur!...- Mais il fuit, il me quitte!