‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 61 sur 259 · ACTE II, SCÈNE XIL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XIL

Ncms fiiîr? Pour vous livrer à vôtre rêverie? Mais monsieur votre père , en sortant , m'a prescrit De chercher les moyens d'égayer votre esprit. Je ne vous quitte plus.

C'est avoir trop de zèle.

DA^IGIiEM 019T.

Moi , j'arrive , et j'ai fait peur à Mademoiselle ,

En entrant tout d'un coup ; j'ai mal pris mon moment.

JULIE

Oui , vous m'avez causé beaucoup d'étonnement ; Mais je ne m'en plains pas.

l'hôtesse.

Ah ! vous êtes si bonne !

(Al>*iglemoiit. )

Je cherche à consoler cette jeune personne; Aidez-moi , s'il vous platt ; causons un peu tous deux; Cela l'amusera.

DAIGLEMOTÏT.

De bon cœur! je le veux.

Eh ! tenez , je m'en vais vous conter une histoire Qui vient fort à propos s'oiSrir à ma mémoire. .

l'hôtesse.

Voyons donc.

DAIGLEMOKT.

Vous savez comme les jeunes gens, Pour dépenser ici rançonnent leurs parens; Ils ont , pour les tromper , des ruses incroyables.

io8 LES ÉTOURDIS.

l'hôtesse.

C'est que tous ne sont pas , comme vous, raisonnables.

DÂIGLEM019T.

Or, ëcoutez le tour qu'ont fait deux ëtourdis,

Dont l'un, je vous l'avoue , est fort de mes amis.

L'autre suppose un jour que son cher camarade

Est mort , après avoir été long-tems malade ;

A l'oncle du défunt il écrit tristement ,

Lui conte avec détails la mort, l'enterrement,

En réclame les frais ; l'oncle , honnête et brave homme,

S'empresse d'envoyer une assez forte somme...

l'hôtesse.

S'il n'est pas vrai, le conte au moins est bien trouvé.

DAIGLEMOlïT.

Un conte?... Point du tout; le fait est arrivé.

JULIE

Tant pis; je blâme fort un pareil artifice.

DAIGLEMOIÏT.

Permettez ; mon ami n'en était point complice ; Il n'a même à la ruse en rien contribué:

C'est sans le prévenir que l'autre l'a tué.

JULIE

Ces deux messieurs menaient une belle conduhe!

DAIGLEMOÎ^T.

Enfin, de mon récit écoutez donc la suite.

L'oncle arrive ; jugez quel embarras cruel !

Pour mon ami sur-tout un chagrin bien réel

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