‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 62 sur 259 · ACTE II, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XII

Vint de ce qu'il aimait , et de toute son ame , Une jeune beauté bien digne de sa flamme ; Dès l'âge le plus tendre il en était épris...

JUtlE.

Et peut-être il Tayait oubliée à Paris?

BAIGLEMOlïT.

Oh! non'; elle n'est pas de cettes^iju'on oublie.

Comptez qu'il l'aime encore , et pour toute sa vie :

Aussi , sans désespoir il ne pouvait songer

Qu'elle allait de sa mort peut-être s'affliger ;

Et quoiqu'il n'eût pas eu de part au stratagème ,

Il se le reprochait , s'en voulait à lui-même

Du chagrin qu'elle avait senti... Mais , par bonheur,

Il trouva le moyen de la tirer d'erreur,

Lui peignit son amour, son repentir sincère ;

Pensez-vous qu'elle fût bien long-tems en colère?

Que fit-elle ? Voyons ; daignez le deviner.

JULIE

Elle fut assez bonne encor pour pardonner.

l'hôtesse.

Oh ! je le gagerais. Voilà comme nous sommes ! On ne nous passe rien ; nous passons tout aux hommes.

DAIGLEMOI^T.

Elle fit plus encore.

Eh! quoi donc? Pour le coup...

DA.IGLEMONT.

Sur l'oncle du jeune homme elle pouvait beaucoup ,

iio LES ÉTOURDIS.

Elle avait de Fesprit , une grâce adorable; Elle en obtint Toubli d'une faute excusable ; Même on dit que Thymen d'elle et de son amant De cette intrigue enfin fut l'heureux dénouement.

JULIE

Ah ! vous brodez , Monsieur.

l'hôtesse.

J'aime fort cette histoire.

JULIE

Oui; mais au dénouement je n'ose guère croire. Jugez , en apprenant comme tout s'est passé , A quel point l'oncle doit se trouver offensé. La paix , après cela , n'est pas aisée à faire.

DAIGLEMOKT.

Ah ! vous arrangeriez une pareille affaire , Si vous vous en mêliez.

JULIE

Je n^ose m'en flatter.

J'y ferais mes efforts ; vous pouvez y compter.

BAIGLEMOI7T.

Pardon, Mademoiselle ; il faut que je vous quitte.

Vous êtes bien pressé ; pourquoi partir si vite ?

BAIGLEMOI^T.

Oh! c'est bien à regret.

( Bm k Jolie. )

Mon oncle peut venir.

JULIE

Monsieur, je ne veux point ici vous retenir.

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