ACTE m, SCÈNE IIL
M. DA.IGLEM019T.
Et VOUS, monsieur Michel , serez-yous raisonnable ? Voyons, que vous faut-il ?
MICHEL
Vous Tallez yoir bientAt.
Mon affaire est très-simple, et cela n^a qu^un mot. C'est de l'argent prête; )'ai le billet en poche. Le voici. J'ai long-tems attendu, sans reproche. Il est de cent louis , que vous m'allez compter.
FOtLEVILLE.
Ah ! TOUS nous permettrez d^abord de consulter Nos notes; le défunt tout exprès les a faites.
'MICHEL
Monsieur...
FOLLEYILLE. '
Tenez. . «Michel . (C'est l'article où vous êtes) » Cent louis, par billet, que j^ai dans peu de tems » Trois fois renouvelé ; j'ai reçu neuf cents francs.
M. DÀIGLEMONT.
Oh! c'est trop fort; vit-on jamais pareille usure?
MICHEL
Monsieur, je ne crois pas mériter cette injure , Pour avoir obligé monsieur votre neveu; Je l'aimais chèrement. ...
M. DAIGLEMOlïT.
Il y par^dit , parbleu !
Quel métier faites-vous ?
ii8 LES ÉTOURDIS.
MICHEL
Monsieur, je fais la banc^e , Et j'avance au public des fonds quand il en manque. Vous entendez fort bien, lorsque Ton fait un{)rét, Qu'il faut en retirer un certain intérêt.
N'est-ce pas que l'argent qu'en mon coffre je serre , Je pourrais l'employer en de bons fonds de terre , En maisons , en contrats ? J'en recevrais des fruits. Qu'importe la façon dont ils me sont produits ? -
M. DAIGLEMOIÏT.
Vous savez employer au mieux votre fortune;
Et vous faites , mon cher , trois récoltes pour une.
MICHEL
Oui; mais les non-valeurs, les risques que je cours...
M. BA.IGLEM019T.
Or çà , Messieurs, tranchons d'inutiles discours. . Je vous offre à chacun moitié de vos créances ; Voyez; l'argent est prêt; faites-moi vos quittances.
JOURDAIN
Cela ne se peut pas.
MICHEL
Moi, je veux tout ou rien.
M. BAIGLEM019T.
Décidément P
JOURDAIN
Très^fort.
M. DAIGLEMONT.
Quittons cet entretien ;