‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 9 sur 259 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ASPASIE

Point du tout.

PH ROSINE

Si fait.

ASPASIE

Non.

Eh bien^ c'est...

ASPASIE

Qui ? c'est trop me faire attendre.

PHaOSINE.

Un moment. C'est...

ASPASIE

Qui donc ?

PHEOSIlïE.

Anaximandre?

ASPASIE

Notre tuteur ?

PHaOSIIïE.

Oui , tu l'as su charmer.

ASPASIE

Bon! vous croyez qu'un savant peut aimer?

Il a, vraiment, bien autre chose à bire!

PHR0SI19E.

Non : dès qu'on aime, on n'a plus qu'une affaire.

ASPASIE

Ma sœur s'amuse , et veut m'inquiëter.

PHROSINE

Moi ? je dis vrai ; tu n'en dois pas douter^

Le cher tuteur, que cet amour dévore, A confié sa peine à Mélidore , Qui m^a tout dit en grand secret; et moi.

Discrètement, je n'en parle qu'à toi.

D'un philosophe avoir tourné la tête , Cela s^appelle une rare conquête !

ASPÂSIE.

Mais, tout à Theure, il vient de me gronder; Quand il me voit , il a Fair de bouder :

J'ai grand besoin qu'un philosophe m'aime !

Je n'en veux point; je l'ai dit à lui-même.

Que dirai t~on, si j'acceptais. sa foi ?

On ne ferait que se moquer de moi.

Ne croyez pas que jamais j'y consente.

» PHR0SII9E.

De ce galant tu n'es donc p^s contente ?

Je conviendrai qu'il n'est pas fort joli ;

Mais, hors ce point, c'est un homme accompli...

ASPASIE

Laissons cela. Vous ne cherchez qu'à rire A mes dépens ; mais vous avez beau dire , Je ne crois point mon tuteur amoureux, £t la sagesse a seule tous ses vœux.

PHROSINE

Tu ne crois point ? Mais c'est me faire injure , Que de douter d'un £siit que je t'assure.

Pour te punir, je te le prouverai Très-Clairement, ou bien je ne pourrai.

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