‹ ŒuvresChapitre 101 sur 240 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

STOCKWELL, BELCOUR.

BELCOU R entre Tivement , et se jette sar nn sopha , en se parlaat à^ui-mêmc.

Maudit emportement!... Que je m^en veux à moimême!... Pourquoi suis-je ne sous la zone torride P... Pourquoi en ai-je tous les feux dans mon bouillant caractère?...

STOCKWELL.

Qu'est-ce, monsieur Belcour?... Remettez-vous... vous paraissez dans un trouble P. . .

BELCOUR

Oui , )e suis troublé !. .. Je Tétais encore plus , il n'y a qu'un moment... J'étais hors de moi !... Que suis-je venu faire dans cette triste et froide contrée , habitée par la duplicité , par la ruse artificieuse P. . .

STOCKWELL.

Vous aurez rencontré quelque fripon sur votre chemin ; cela se trouve partout; il ne faut pas en conclure d'une manière générale contre les habitans du pays où vous êtes...

BELCOUR

Ce n'est pas cela. . . c'est à moi que j'en veux le plus. . . je me suis laissé aller à un mouvement de colère , de folie furieuse.... Et, rendu à la raison, je voudrais!... (A part.) Misérable!... il m'a dit : Misérable I... cela ne peut pas se pardonner. (AM.stocWeii. ) De grâce, monsieur Stockwell , ne faites pas attention à mpi.

i44 LE JEUNE CRÉOLE.

STOCKWELL.

Il lui est arrive quelque chose d^extraordinaire !

BELCOURf toujours m parlant à lui-mèmc.

Ce mal-avisé dlrlandais avait bien affaire de venir nous séparer !.... Le hasard, le premier mouvement nous servait d'excuse — Mais de sang-froid!.... vou-loir arracher la vie à un homme ! . . . . pour un mot ! . . . . ( A M. stoekweii. ) Mousieur Stockwell ]f pardon ; je vous tiens bien mal compagnie.

STOCKWELL.

Ne me faites point d^excuses ; ne suis-)e pas votre ami ? Ecoutez , monsieur Beicour ; je ne veux pas entrer dans Yos confidences malgré vous; mais il y a des occasions où manquer de curiosité , ce serait manquer d'amitié.

BELCOUR

Je ne puis doutier de la vôtre ; je vais encore la mettre à répreuve... J'ai besoin de m'épancher. . . j'ai besoin d'un conseil... Mais, quedis-je?... il n'est plus tems... je n'ai plus de conseil à prendre.

STOCKWELL.

Vous me mettez au supplice.

BELCOUR.-

J'ai une affaire d'honneur. . . il faut que je me batte ! . . . il faut que je tue ou que je sois tué !. . .

s T oc K W EL L , tombant dans nn fauteuil.

O Dieu ! . . . que dites-vous ?

BELCOI3R.

La vérité. .

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