‹ ŒuvresChapitre 115 sur 240 · ACTE V, SCÈNE III. 1S · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III. 1S

StOCKWELL.

Ecoutez , monsieur Dudley ; ce récit doit vous intéresser. Stukely, vous pouvez parler devant ces messieurs. Dites-leur ce que vous avez appris.

STUKELY.

Vous savez que , me trouvant cbez le juge de paix pour une de nos affaires, j'avais entendu quelques personnes venir porter plainte contre des gens qui tenaient une petite boutique de librairie, et qui louaient des appartemens garnis; on les accusait d'avoir disparu tout d'un coup, laissant à leurs créanciers un mince mobilier sans valeur , et quelques centaines de mauvais volumes...

CHARLES

Ces gens sont précisément ceux cbez qui nous sommes logés.

STUKELY.

Oui , Monsieur. D'après l'ordre que j'ai reçu tantôt de monsieur Stockwell , je suis retourné cbez le juge de paix; et, là, j'ai trouvé Fulmer lui-même entre les mains des constables. Sa femme a écbappé jusqu'à présent aux recberches ; mais on espère la découvrir.

STOCKWELL.

C'est elle qui est la plus coupable.

STUKELY.

Le mari se défend assez mal ; il m'a remis pour vous cette lettre , par laquelle je pense qu'il vous demande grâce.

i58 LE Jeune créole.

STOCKWELL, après avoir ouvert la lettre.

Monsieur Dudley, voulez-vous la lire ?

Je suis très-curieux de voir ce qu'elle contient :

(Illit.)

« Mon cher nmnsieur Stockwell , vous êtes un » homme respectable , et un membre du parlement. » Kous avons besoin de votre protection dans notre ji infortune , et j'espère vous intéresser en vous disant » la pure vérité. Il faut convenir que la pauvre M"* Ful- » mer a eu tort de faire accroire à M. Belcour que » miss Louisa était la maîtresse et non pas la sœur » de l'enseigne Dudley ; elle ne prévoyait pas les suites » que pourrait avoir cette espièglerie de son invention. . .

Voilà ce que j'ignorais... Quoi! cette femme a eu l'audace!...

STOCKWELL.

Monsieur Belcour a été indignement trompé; étranger à nos mœurs , nouvellement arrivé à Londres , il n^a

pu soupçonner un aussi infâme mensonge Mais

veuillez achever.

CHARLES, continuaat à lire.

» Ma femme est allée montrer l'écrin à un bijoutier, » par pure curiosité, pour en savoir la valeur; ce mar- » chaud s'est imaginé qu'elle voulait vendre ces dia- » mans ; il s'est dépéché de retenir l'écrin , de la ren- » voyeret de nous dénoncer tous deux. Vous voyez ^ l> mon très-honorable monsieur Stockwell , que je suis

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