ACTE I, SCÈNE I
entré , est la dernière que j'aie reçue d^elIe ; elle Ta écrite étant presque à Tarticle de la mort (épargnez-moi ce triste récit ) ; elle m'y conjure, dans les termes les pins tendres et les plus pressans, de ne jamais révéler notre mariage, et de ne point appeler mon fils auprès de moi tant que son grand-père vivra.
STUKELY.
Mais quels purent être les motifs de votre épouse pour vous recommander cette conduite ?
STOCKWEH4.
Elle en eut plusieurs. Ce fut d'abord peut-être mon propre intérêt : je dépendais encore entièrement du vieux Belcour quand sa fille mourut, et j'aurais perdu beaucoup s'il m'eût retiré sa protection; ensuite, comme elle me Ta expliqué elle-même , elle ne voulut pas afili-^ ger son père ni Tirriter par cette révélation ; enfin ,. elle craignit de détruire le bonbeur de l'enfant adopté par ce* vieillard , auquel il avait inspiré la plus tendre affection , et dont il aurait peut-être éprouvé le ressen-^ timent et la vengeance , s'il en eût été connu pour ce qu'il était. Moi-même, malgré les heureux changemens arrivés depuis dans ma fortune , j'ai toujours pensé que mon fils serait plus sArement confié à la tendresse de son grand-père qu'à sa justice. Mon opinion n'a point été démentie par l'événement ; le vieux /Belcour est mort en laissant au jeune homme toute sa fortune ; et en lui enjoignant de prendre et de porter son aom«
STUKELY.
Ainsi vous n^âyez pI^s de raison de yous condamner au silence ?
STOCKWELL.
Il est vrai ; mais ayant de me déclarer publiquement son père , je serais bien aise de le connaître , de Tëprouyer , de sayoir au juste ce qu'il est ; je n^y puis réussie ^^en le laissant agir à son gré , qu^en le liyrant à luimême ; en un mot , je le jugerai mieux en gardant ayec lui le simple rôle de correspondant, et en lui cacbant que je suis son père. Voilà ce que j^ayais à yous dire.
STUKELY.
Rien ne pouyait mMntéresser dayantage. Je prends part du fond du cœur à la situation oik ypus allez yous trouyer...