‹ ŒuvresChapitre 11 sur 240 · ACTE I, SCENE L 2S · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE L 2S

ce moment à Londres; je vais le voir dans la jonrnëe , peat-étre dans une henre ; à cette idëe , je suis dans une agitation !..«

STUKELY.

Fuis-je yous en demander la cause ?

STOCKWELL.

Vous n'en serez pas étonne , quand je vous aurai dit que ce jeune homme , que Belcour. . . est mon fils.

$TUK£LY.

, Votre fils!...

STOCKWELL.

Oui y Stukely , mon fils unique ; j'étais jeune moimême lorsque j'allai à la Jamaïque ; son grand -pare , M. Belcour, avait une fille un peu plus âgée que moi ; j'eus alors, dois-je dire le bonheur ou le malheur 9 de l'aimer et de lui plaire ; comme mon défaut absolu de fortune m'ôtait toute espérance de l'épouser du cofisentement de son père , nous ne princes conseil que de notre tendresse ; nous fûmes mariés secrètement ; lo jeune Belcpur est le firuit de cette union,

STUKELY.

Sa naissance découvrit sans doute votre secret P

STOCKWELIi.

Non ; écoutez-moi jusqu'au bout. Peu de jours après notre mariage, le père de ma femme partit, et m' emmena avec lui en Angleterre ; pendant son absence , sa fille trouva moyen de cacher son état et la naissance de cet enfjmt ; afin de ne point s'en séparer f ell^ eut

l'adresse de te £sàre trouver exposé à sa porte comme un orphelin abandonné; elle parut le recueillir par bonté , par charité , et déclara qu'elle en voulait prendre soin. Quelque tems après , le père me laissant i Londres , retourna seul là-bas près de sa fille; elle sut saisir un moment favorable , un de ces momens qui décident de la destinée des gens heureux. L'enfant fut présenté par elle au vieillard , qui le trouva joli , qui Taima , qui le reçut chez lui , et Téleva enfin comme son propre fils.

STUKELY.

Et jamais vous n'avez révélé ce secret , ni au vieux Belcour , ni à votre fils ?

STOCKWELl.

Jamais.

STUKELY.

J'en suis surpris; un riche négociant tel que vous êtes , un membre du parlement d'Angleterre , pouvait assurément aspirer à être le gendre d'un colon sans lui faire d'offense; d'ailleurs la tendresse paternelle devait vous rendre ce mystère bien pénible.

Vos remarques sont justes, et je n'aurais pas persisté à garder le silence pendant vingt-deux ans ( oui , vingtdeux ans , c'est l'âge de mon fils ) , si je n'avais cru devoir observer religieusement les dernières volontés d'une épouse que j'adorais. La lettre que je lisais, ou plutôt que je relisais pour la centième fois , lorsque vous êtes

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