‹ ŒuvresChapitre 121 sur 240 · ACTE V, SCÈNE VI. i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI. i

à moi oà être jeune maître [à moi ?,.. Moi bien clutgrin , moi mourir , si malheur arriver à li !. .. '

LE CAPITAINE

Qu'as-tu , mon enfant ?. . . De qui parles-tu ?. . . Qui es-tu ?

JOHN

Nom à moi , li être John ; moi appartenir à jeune maitre , M. Belcour.

LE CAPITAINE

Tu es i M. Belcour ?

JOHN

Oui , monsieur blanc ; moi chercher partout , moi pas pouvoir rester en place sans trouver li...

LE CAPITAINE

Tu en es inquiet ?

JOHN

Oh ! oui , inquiet beaucoup ; moi dire à vous. Tantôt, moi entendre M. Stukely parler jeune maitre, dire li battre avec un autre jeune blanc.,. Là... (n fait ie«igM

de M battre à Vipée. ) OU bieU là. . . Pouh ! ( Il fait le «i|ne de tirer an

pistolet.) Moi crier... moi pleurer... moi prendre armes , bâtons , ëpées , pistolets ; moi vouloir aller tuer l'ennemi de maiti^à moi. M. Stukely , quand li voir moi en colère , ôter armes à moi , et enfermer moi dans

la chambre. . . Crac , crac . ( II fait «igné de fermer une «errure. ) Moi

plus pouvoir sortir. . . Mais , patience. . . Moi défaire serrure tout doucement... Oter les vis l'une après l'autre... et puis ouvrir la porte... et puis venir ici..% et

i66 LE JEUNE CRÉOLE.

puis moi demander vous. . . moi prier vous. ( ii m met h senons.) Vous ^ire moi où être jeune maitre à moi ?. . . Oh ! mon Dieu ! où donc ?^.. pauvre John !... vous gagner pitié moi!

LE CAPITAII9E.

Lève*toi , mon ami. Oui , réellement , je suis touché de ton bon cœur , de ton attachement pour ton maitre. Me crains rien , il n^est plus en danger ; tu le reverras bientôt.

J O H 19 9 lanUnt de joie.

Vrai!... Vous pas tromper moi?... Moi plus chagrin !. . . moi plus mourir !. . .

LE CAPITAINE

Il faut que M. Belcour soit nn bon maitre , puisque tu Taimes tant.

JQHN.

Li?..,. Oh! oui. Li bien bon. Li sauver la vie à moi... moi petit enfant... abandonné, point connaitre père ni mère à moi... A peine né , laissé par terre au bordd^un ruisseau... Jeune maitre li avoir alors quatre ou cinq ans .. venir à passer... Li, mirer moi... entendre moi plaindre... faire prendre moi et porter à la maison... et puis , et puis toujours^imer moi... toujours traiter comme frère... dire souvent li être aussi enfant du malheur. . . pas connaitre plus que moi père ni mère...

( Il s'^lleadlrU et pUvre. )

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