‹ ŒuvresChapitre 127 sur 240 · ACTE V, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IX

STOCKWELL.

Cette objection n'en est point une ; la situation de Totre père changerait ; elle deviendrait meilleure , et sa fille aurait la satisfaction d'y contribuer*

LOUISA

Nous ne pouvons accepter de bienfaits de la part d'un homme qui nous a cruellement offensés; il avait commencé par vouloir rendre service à mon père... Grâce au Ciel , nous avons eu le moyen de nous affranchir d'une obligation que les mauvais procédés de M. Belcour nous avaient rendue trop pesante ; c'est bien assez de lui pardonner le mépris qu'il m'a témoigné ; vous ne pouvez en exiger davantage.

STOCKWELL.

Je ne le justifie pas. . . ; mais il a d'excellentes qualités ; son cœur n'est pas corrompu , j'en suis certain; et je ne le suis pas moins qu'une épouse telle que vous en ferait en peu de tems l'homme le plus estimable.

LOUISA

Non, monsieur Stockwell , cela ne se peut pas ; il y a trop de distance entre vous et nous : vous êtes riches, très-riches, et ndlB sommes pauvres; M. Belcour doit épouser une héritière opulente.

STOCKWELL.

Ce n'est point là ce que je souhaite^pour lui ; et je l'ai bien mal jugé , ou ce n'est pas non plus ce qu'il souhaite lui-même... Ecoutez-moi , miss Louisa : avant

de déclarer à Belcour qu^il e$t mon fils, j'ai voulu l'éprouver; il n'est pas encore à la fin de cette épreuve. . ^ II dépendrait de vous cependant de Tabréger.

LOUISA

De moi P... Et comment ?...

STOCKWELL.

J'ose croire à votre bienveillance pour moi ; je vais vous en demander une preuve.

LOUISA

Laquelle ?

STOCKWELL.

Promettez-moi de ne révéler à personne le secret que je viens de vous confier.

LOUISA

Je vous le promets.

STOCKWELL.

Sur-tout ne le laissez pas même soupçonner à mon fils , à Belcour, à moins que vous ne consentiez à lui donner la main.

LOUISA

A moins que?...

STOCKWELL.

Je vous le répète : à moins que vous ne consentiez k me rendre le plus heureux de tous les pères; car^e le serais , si j'avais pu donner à mon fils une éppuse telle que vous.

Je regrette que vous fassiez dépendre votre bonbeur d'une condition impossible.. > Je me tairai avec M. Bel-

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