ACTE V, SCÈNE XIL
o'flaherty.
Pourquoi donc ?
BELGOUR.
C'eût été pour moi le comble du bonheur; mais j'ai dû me rendre justice. Je suis un malheureux , sans famille ; mon caractère vident , une passion efFrënëe m'a fait commettre envers miss Louisa une offense que je ne puis me pardonner à moi-même ; enfin , je ne me crois pas digne d'aspirer à sa m<iin ; mais , parmi les nom- ' breux adorateurs que son mérite et ses charmes ont dû lui faire , qu'elle choisisse celui qui a trouvé grâce devant ses yeux , et je demande alors qu'il me soit permis d'égaler la fortune de miss Louisa à celle de son époux ; fûtil le plus riche pair d'Angleterre , je suis tout prêt , et je le ferai.
CHARIiES.
Que ditès-votts, Belcour ?
BBLCOUR.
Capitaine Dudley , accordez -moi cette faveur ; et puisque la fortune ne vous a pas traité comme vous le méritez, permettez-moi de doter votre aimable fille.
STOCKWELL.
Bien, Belcour.
LE CAPITAINE
Rien n'est plus noble, monsieur Belcour, et cette offre est d'une belle ame ; mais j& ne puis consentir...
BELCOUR
Qui vous en empêche ? qu'en dit miss Louisa ?
i8o LE JEUNE CRÉOLE,
LOUISA
Quelle est pénétrée de yôtre bonté ; qu'elle ne peut vous exprimer sa reconnaissance ; mais. . .
^ BELGOUR.
N'achevez pas ; ne me refusez pas. Qu'y a-t-il donc d'étonnant à ce que je fais ? faut-il mettre tant d'importance aux richesses F Je suis riche , moi , je suis trèsriche , et je n'en vaux pas mieux.
CHARLES
Vous vous traitez sévèrement , mon cher Belcour.
BELCOtJR.
Non , en vérité ; peut-être j'en vaux moins ; ne le pensez-vous pas ainsi , mon bon monsieur Stockwell ? peutêtre la fortune m'a-t-elle gâté ; elle a été cause qu'on m'a servi 9 flatté , trompé ; laissez -moi me venger d'elle ; laissez-moi me dédommager du mal qu'elle m'a fait , en l'employant à me procurer le plus grand des plaisirs , celui de contribuer un peu au bonheur de la plus aimable personne du monde.
LOUISA, ^mac.
Comment résister à tant de générosité ? Comment lui refuser son' admiration ?. . . Je suis touchée jusqu'au fond
de 1 ame. • . ( EUc prend Bclco^r par U main , «t It présente k M. Stockwell. )
Mon père, bénissez votre fils. •
STOOKWELL, kpari.
Voilà ce que j'attendais.
BELCOUR
Votre fils!... Qu'a-t-elle dit?