UN TRAIT DE LOUIS XIL
De ce Père du peuplé on chërit la mémoire ;
La bonté sur les cœurs ne perd jamais ses droits*'
Il sut qu^un grand seigneur, peut-être une Excellence De battre un laboureur avait eu Tinsolence; Il mande le coupable , et sans rien témoigner Dans son palais un jour le retient à diner. Par un ordre secret , que le monarque explique , On sert à ce seigneur un repas magnifique , Tout ce que de meilleur on peut imaginer , Hors du pain , que le roi défend de lui donner. Il s^étonne; il ne peut concevoir ce mystère ; Le roi passe , et lui dit : « Vous a-t-on £aiit grand' chire ? » — ^ On m'a bien servi , Sire , un superbe festin ; » Mais je n'ai point diné : pour vivre , il faut du pain. » — Allez, répond Louis avec un front sévère, i> Comprenez la leçon que j'ai voulu vous faire; » Puisqu'il vous faut , Monsieur, du pain pour vous nourrir, » Songez à bien traiter ceux qui le font venir. »
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