ART. XTI ET DERNIER
L^un n^aura rien qui n'appartienne à Tautre. Ce n'est pas la peine de compter ce que chacun apporte , lorsqu'on met tout en commun.
Signé De tout mon cœur , Auguste Bercel.
Pour la vie , Emilie-Sophie Létaiïg , future femme Bercel.
Le jurisconsulte était touché jusqu'aux larmes à la fin de cette lecture ; cependant il continua ses objections apparentes. « Vous ji'ayez pas pensé à tout, leur dit-il ; et arrivant la dissolution du futur mariage par séparation en justice ou par la mort de l'un des conjoints , voyons quelles sont alors vos conventions ? Que stipulezvous pour ces deux cas P — Il est vrai que ces idées ne nous sont pas venues. — Mais , moi , je dois prévoir les événemens!... Si vous aviez lu, comme moi, des milliers de contrats de mariage!... Si yous y aviez yu ce4
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mots dix fois répétés : U survivant d'eux!, . . — Le suryi-* vant I . . . ah ! ciel , comment peut-on P. ^ . Il n'y aura pas de survivant entre nous... — Oh! non ^ j'en réponds pour moi , dit la jeune fille en couvrant d'une main ses yeux, qui laissèrent échapper quelques larmes.
» — Non , reprit le jeune homme , je ne conçois pas comment sont faits ceux qui , au moment même où ils s'unissent , peuvent entendre parler de clauses semblables ? car , enfin , leur mariage ne peut être dissous que de deux manières ; eh bien ! comment souffrent-ils que l'acte qui commence et doit assurer leur bonheur soit attristé d'une pensée funeste, ou souillé d'une prévoyance immorale ? Eh ! à quoi cela sert-il ? N'y a-t-il pas des lois que nous devons croire plus sages que nous ? Les lois sont la providence de l'ordre social : c'est à elles qu'il faut s'en rapporter.
» — Vous êtes un brave garçon , s'écria l'avocat en l'embrassant; et je suis entièrement de votre avis. Je n'ai feint de vous contredire que pour vous donner occa3ion de mieux développer des sentimens que j'honore. Mes enfans, je vous démande la Ssiveur d'être un des témoins d'une union qui sans doute sera heureuse ; je m'engage , mon cher Auguste , à faire approuver cet acte par votre père ; bien plus , je veux qu'à mes frais un notaire le reçoive en forme authentique , cfin que le souvenir et l'exemple en demeurent : ce notaire pourra se vanter d'avoir , une fois en sa vie„ passé un véritable contrat de mariage. »
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