ACTE II, SCÈNE XVIII
rage d'épouser lady Rusport aura b^en acquis des droits
à sa fortune tout entière. J'espère pour vous , au reste ,
que votre attente , de ce côté, est fondée sur de bonnes
raisons.
o'flaherty.
Sur les meilleures raisons du monde. En premier lieu, je pense qu'elle se rendra, parce qu'elle est femme ; en second lieu , je présume qu'elle ne tardera pas à capituler , parce qu'elle est veuve ; et en troisième lieu , c'est que je sais un peu comment on prend un fort de cette espèce ; j'en ai attaqué plus d'un dans ma vie , et il ne m'est guère arrivé d'être obligé de lever le siège ; )'ai presque toujours emporté la place brusquement , entendez-vous , Capitaine ? en militaire !...
LE CAPITAIÏ9E.
Vous êtes encore un peu jeune pour votre âge, Major ; mais n'importe ; vous paraissez , d'ailleurs, avoir de
bons sentimens...
o'flaherty.
Oh ! ce que je vous ai dit , je le ferai : nous ne sommes , pour le présent , fort à notre aise ni l'un ni l'autre ; je pense ; mais après mon mariage , fiez-vous à moi ; vous n'aurez plus à vous plaindre de la fortune; et sur ce , je vous salue et vous dis adieu , mon bon
^camarade.
LV' capitaine.
C'est pour vous-même , et pour vous seul , que je souhaite que vous réussissiez. Si vous devenez le mari de lady Rusport , tâchez de lui inspirer la moitié seule-
ment de votre compassion pour les malheureux. Je vais avoir Thonneur de vous accompagner.
o'flahebty.
Cela est trop obligeant , mon bon ami. Ne vous dë^ rangez pas pour moi , je vous prie.
LE CAPITAINE
J'aurai le plaisir de vous voir plus long-tems. D^ailleurs , j^ai moi-même à sortir. ( umaj<»rMrt.) Je vais voir sur-le-champ si je puis mettre mes projets à exécution. Je pense que cet argent qui m^est venu si à propos lèvera les difficultés. O ciel ! fais-moi trouver mon bienfaiteur 9 que je puisse lui témoigner ma reconnaissance.
( n cuit le major. ) •