ACTE II /SCÈNE XVIII
O^FLAHERTY.
Denis O'Flaherty , pour vous servir ; un pauvre major de grenadiers, pas davantage.
LE CAPITAIKE.
Je vous remercie de m'avoir fait connaître votre nom
et votre grade. Â présent, de quoi s'agit-il? et qu'avez-
vous à me dire ?
o'flaherty.
Voici ce que c'est , Capitaine : j'ai promis à milady que vous exécuteriez ponctuellement ce qu'elle vous prescrit de faire par la lettre que je vous ai remise.
LE capitaiiïe.
Vous avez promis cela , Major, sans savoir ce qu'elle
me prescrit, et ce que je dois, selon vous, exécuter
ponctuellement ?
o'flaherty.
C'est votre affaire , mon cher ; ce n'est pas la mienne ; mais, moi , je dois tenir ma promesse : vous entendez ? je dois la tenir,
LE CAPITAII9E.
C'est-à-dire que , si je refusais , il nous faudrait avoir une affaire ensemble ?
O^FLAHERTY.
Sur ma parole, vous l'avez deviné.
LE CAPITAII9E.
C'est, je crois , ce dont nous pouvons nous passer l'un et l'autre ; nous avons vu tous deux assez de com« bats , je pensé.
O^FLAUERTY.
Oui 9 par ma foi , vous pouvez le penser ainsi , mon cher capitaine , et vous dites bien vrai ; il y a trente* cinq ans révolus que je suis au service , et j'ai porté les surmes en bien des pays différens.
LE CAPITAINE
Il y a autant de tems à peu près que je suis la même carrière.
O^FLAHERTY.
Jai fait la guerre en Flandre, en Allemagne, en Espagne , en Amérique ; j'ai vingt-deux blessures sur le corps ; mais , Dieu merci , je suis encore vert et prêt à recommencer pour la prospérité et rhonneur des armes de sa majesté. ( n ôte «on chapcan. ) Dieu conserve le roi !
/ LE CAPITAII9E.
Fort bien , Major ; je n'ajouterai pas une blessure nouvelle à celles que vous avez déjà reçues , et vous tiendrez votre promesse à lady Rusport ; elle me demande de quittçr Londres ; mon dessein est d'en partir sous peu de jours : vous pouvez , si vous le voulez , vous faire honneur auprès d'elle de mon départ.
o'flahebty.
Touchez-là , mon brave; voilà qui me la fera épouser ; et quand je serai son mari , je vous traiterai en frère , ^ voyez-vous , et sa fortune sera commune entre nous deux.
LE CAPITAINE
Oh ! pour cela non , Major ; celui qui aura eu le cou^