ACTE II, SCÈNE XXIV
BELGOUR.
Vous êtes sévère.
STOCKWELL.
Je dois rétre... Ce langage est celui d^un père.., je yeux dire d'un ami. ( Ap«rt.) Oh! comme je m'oublie moimême!... J'ai frappé fort; il rougit.... Est-il sauvé?
BELCOUR
Je vous l'avoue , monsieur Stockwell ; j'allais peutêtre me fâcher de m'entendre faire des leçons , si vous n'aviez , par inadvertance , laissé échapper le nom de père , et si je ne vous trouvais en effet un ton paternel qui me touche jusqu'au fond de Tame... Pardonnez-moi... Donnez-moi la main... Je crois que ma folie se passe...
STOCKWELL.
Excellent jeune homme ! . . . Que je vous embrasse ! . . . fApart.) J'ai peine à lui cacher mon émotion. (Haut.) C'est parce que je me sens pour vous l'affection d'un père , que j'ai cru un moment en avoir les droits , et que j'en ai pris le langage. Au fond, votre correspondant n'a sur vous nul pouvoir... Faites ce que vous voudrez.
Non pas , non pas. Mon désir est de vous complaire ; je vais commencer par aller chez miss Rusport.
STOCKWELL.
Commencer .•'. . . Et ensuite ?. . . où irez-vous ?. ..
BELCOUR
Ne me le demandez pas ; je ne réponds de rien , ou
go LE JEUNE CRÉOLE.
plutôt je sens qu'il m'est impossible de ne pas chercher à reyoir cette belle Lduisa. Appelez cela folie , fiintaisîe , délire , si vous voulez. Enfin , monsieur Stockwell , vous-même , vous avez été jeune P. . .
STOCKWELL.
Qu'est devenue ladocilité que vous m'aviez promise?
BELCOUR
Je l'aurai en toute autre occasion , je vous le promets. Malgré votre sévérité , je vous aime , je vous respecte ; et y à mon retour , je ne manquerai pas de venir vous avouer mes fautes , pour que vous me grondiez encore.
(n«ort.)