‹ ŒuvresChapitre 69 sur 240 · ACTE III, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IL

nait exprès à Londres , espérant se cacher dans cette grande ville plus aisément que partout ailleurs ; qu'elle se proposait de vivre fort retirée , fort solitaire... ; et , en effet , c'est ainsi qu'elle a toujours vécu depuis qu'elle est cbez moi. Oh ! il n'y a rien à dire sur sa sagesse , par exemple!...

BELCOUR

Que des parens sont coupables de vouloir ainsi sacrifier une fille charmante et vertueuse !

M™» FULMER.

Oui , assurément; car enfin ils exposent prodigieusement sa vertu en la forçant de prendre un parti si violent. Quelques jours après elle arrivèrent le capitaine et son fils ; ils sont de la même province qu'elle ; et il parait qu'ils la connaissent depuis long-tems.

BELCOUR

Et le fils du capitaine ne serait-il pas un amant préféré. . . et la véritable cause de sa fuite ?

FULBIER.

Comme vous devinez ! . . .

Mme FULMER.

Je ne le pense pas ; elle s'est fait du capitaine et de son fils des protecteurs ; elle a pris leur nom , qui n'est pas le sien ; elle les appelle mon père et mon frère pour dépayser davantage , et pour mieux échapper aux recherches que ses père et mère , à elle , font sûrement pour la découYrir.

100 LE JEUNE CREOLE.

BELGOUR.

Il n^y a rien là que de fort innocent.

M"*» FULMER, à part.

Mon imagination ne m^a pas trop mal servie , à ce quMl me semble ; et l'histoire est assez intéressante.

BELCOUR

Que dites-vous ?

Mme FULMER.

Je dis que la position de miss Louisa la rend extrêmement intéressante.

BELGOUR.

Sans doute. Ainsi le capitaine n'est pas son père.^

FULMER.

Ce n'est qu'un père d'emprunt , et dont le rôle va bientôt cesser; car il doit partir sous peu de jours.

BELGOUR.

Voilà qui me fait plaisir, par exemple, et qui nre met à mon aise.

FULMER, à part.

C'est bien ce que je voulais.

BELGOUR.

Madame Fulmer, elle a confiance en vous; il faut absolument que vous me serviez auprès d'elle ; lui avezvous déjà parlé de moi ?

M™* FULMER.

Je n'ai eu garde d'y manquer.

BELGOUR.

Et comment a-t-elle reçu ce que vous lui ayez dit ?. . .

Page 1