‹ ŒuvresChapitre 68 sur 240 · ACTE III, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IL

BELCOUR

Elle n^est pas la fille du capitaine ?

FULMER.

Ah ! vraiment , Monsieur, vous ne connaissez pas ce pays-ci ; il ne faut pas s'y fier aux apparences ; on y est diablement sujet à caution , je vous en avertis.

BELCOUR

D'après ce que j'ai déjà vu, je n'en ai pas trop bonne opinion.

FULMER.

Par exemple , on y trouve des gens qui vivent publiquement sous les noms ^e mari et de femme, quoiqu'ils aient toujours oublié de remplir les formalités prescrites.

Vraiment ?

M™' FULMER.

Oli ! il ne faudrait pas aller bien loin pour en rencontrer.

FULMER.

Il y en a d'autres qui supposent entre eux des liens de parenté , qui s'appellent et se font appeler neveu , frère , fils , cousin , parce que cela leur convient de la sorte, tandis que dans le fait ils ne sont pas plus parens que vous et moi.

BELCOUR

Je comprends ce que vous voulez dire. Miss Louisa n'est que la fiUè supposée de Dudiey. '

FULMER.

Faut-il vous raconter toute son histoire ?

ni. 7

gS LE JEUNE CRÉOLE.

BELCOUR

Assurément ; et j'y prêterai la plus grande attention.

FULMER.

Eh bien! demandez-la à ma femme.

Mme FULMER.

A moi ?

Sans doute ; tu la sais bien mieux que moi , c'est toi qui me Pas contée ; n'es-tu pas la confidente intime de miss Louisa ?

SELCOUR,à madame Fnlmcr.

* Vous allez donc satisfaire m^^ curiosité ?

•m^* FULMER, paraissant U«ter.

Je ne sais trop si je dois. . .

FULMER.

Vous pouvez parler , ma femme ; je ne vous le permettrais pas , si je ne voyais que c'est pour l'avantage de miss Louisa elle-même.

M"« FULMER, àBelcour.

En ce cas , je vais donc vous dire ce que je sais , ce que je tiens d'elle ; cela ressemble à un roman : elle est du comté d'York ; c'est la fille d'un bon gentilhomme de campagne ; elle arriva ici , il y a environ un mois ; elle m'était adressée par une de mes anciennes amies, une dame respectable de sa province ; elle vint seule d'abord , me dit qu'elle s'appelait Louisa Dudley, qu'elle avait fui la maison paternelle , parce qu'on voulait la contraindre à un mariage qui lui était odieux ; qu'elle ve-

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