ACTE III, SCÈNE V. loS
STOCKWELL.
A votre âge et avec votre caractère , on ne se défie de personne.
BELCOUH.
Cette femme est Tamie de miss Louisa ; elle lui a déjà parlé de moi.
STOCKWELL.
Et savez - vous qui est cette miss Louisa , quels sont ses parens ?
BELCOUR
Oui 9 je le sais; c'est une longue histoire , et que je n'aurais pas le tems de vous dire ; mais ce que je sais bien mieux , c'est qu'à présent je l'aime plus que jamais , et que j'ai aussi plus d'espérance de m'en faire aimer.
STOCKWELL. *
Si je vous proposais d'abandonner ce projet!... de sortir à l'instant de cette maison !. . . Je suis bien loin de l'exiger; je ne vous le demande pas même. (Apart.) Ne compromettons pas notre autorité naissante ; ne nous exposons pas à un refus formel.
' BELCOUR
Si vous le vouliez absolument ?. . . Mais daignez ne le pas vouloir... Tenez, je vais vous faire une autre proposition : elle va venir, du moins on me l'a promis... Demeurez; voyez-la ; vous la jugerez... Vous la jugerez^ comme moi , la plus belle de toutes les belles , et la plus, digne d'être aimée.
ïo6 LE JEUNE CREOLE.
STOCKWELL.
Soit. Mais vous irez chez miss Rusport : je Tai fait prévenir de votre visite ; elle vous attend.
BELCOUR
J'irai. . . soyez-en sûr. . . O ciel ! la voici ! Ah ! regardez-la , regardez-la , je vous prie. . .
STOCKWELL.
Le premier coup-d'œil prévient en sa faveur.
BELCOUR
Ah ! je vous le disais bien.