ACTE III, SCÈNE VI
LOUISA
Madame Fulmer m'apprend que c'est vous , Monsieur, dont mon père a ëprouvé les bontés. . .
BELCOUR
Oh ! ne parlons point de cela , je vous prie.
LOUISA
Pardonnez-moi, Monsieur; je dois m'en souvenir,, je dois en parler. Si mon père et mon frère eussent été au logis !. . . Mais ils sont sortis tous deux , et je n'ai pu résister au désir de venir vous of&ir des remercimens. . .
BELCOUR
Soufirez que je vous interrompe à ce mot. Je n'ai rien fait...
LOUISA
Vous me voyez moins effrayée que je ne l'étais tantôt quand vous m'avez rencontrée ; madame Fulmer a bien voulu m'accompagner, et vous avez avec vous un ami qui parait si respectable !. ..
stockwell:
Miss , rien n'est plus obligeant.
LOUISA
Si Monsieur était votre père , monsieur Belcour , on pourrait le féliciter d'avoir un fils tel que vous.
BELCOUR, bas.
Eb bien! monsieur Stockwell P...
STOCKWELL, basa Beleoqr.
J'en suis content ; j'en ai fort bonne opinion.
BELCOUR, k Louis».
M. Stockwell me tient lieu de père, en effet; et s'il
io8 LE JEUNE CRÉOLE.
voulait me faire passer pour son fils , comme il arrive quelquefois. . . On suppose des parentes . . .
M™* FULM£R,b«s3k Belconr.
Faix donc ; voulez-vous qu'elle soupçonne que vous êtes instruit ? Tout serait perdu.
BELCOUR
Enfin , M. Stockwell est mon meilleur ami.
( Bas à M. Stockwell. )
Eh bien ! mon cher mentor , vous la voyez ! . . . vous la jugez comme moi ! . . . Est-il possible de ne pas Taimer?
STOCKWELL, de mftme.
Il faudrait la conndtre davantage pour prononcer.
BELCOUR, Usa Stockwell.
Laissez -moi faire connaissance avec elle... Votre présence lui impose nécessairement... Elle mUmposè à moi-mâme . . .
STOCKWELL, demSme.
Je vous entends... vous désirez que je vous laisse... Eh bien ! soit; je m'en rapporte à votre bon naturel ; je ne veux pas être pour vous un triste et importun censeur... Adieu. (A part.) Je m'en vais un peu rassuré; la jeune personne pardt réellement honnête. (Haut. ) Mesdames, une affaire m'appelle ; j'ai l'honneur de vous saluer... Adieu , mon ami.