A MADEMOISELLE DE SILLERY
Paix I chut I Usez ma lettre tout bas ; prenez garde que personne ne vous la voie lire; les murailles parlent. N*en dites mot à àme vivante; ma sœur mourroit de mort subite si elle savoit le malheur qui est arrivé. Vraiment ! c'est bien pis que le Chevalier, c'est bien pis que si ses filles avoient fait faux bond, que si elle l'avoit fait elle-même : Dieu me pardonne, et elle aussi ! Enfin que vous dirai-je? Paris va abtmer.... Mais par où abtmera-t-il? Vous croyez sans doute que c'est par le Marais du Temple ^ : point du tout, ma mie; c'est....
Lama iia. — Nout ne tavoni ou se troure Torigiiial de cette lettre, que nou« donnoni d*aprèt le texte du Petit Magasin <Us Damês^ 1806, p. m; elle a été reproduite dans les éditions de 1818, p. 935, de 1895, p. 47$, et de 1869, p. 349, 'ûnsi que par Cousin, dans Madame da Sablé ^ p. 5s i. Elle est adressée par notre auteur à sa nièce, fille du marquis Louis Brûlart de Sillery : toye« ci-dessus, p. 176, la note préliminaire de la lettre 83, où nous avons fait, au sujet de Tauthenticité, des réserresqu^il convient, crojons-nous, de répéter ici.
I, Il y avait, entre le faubourg Saint-Martin et le faubourg du Temple, un terrain marécageux, qui donnait son nom à la rue des Marais, dite autrefois « des Marais du Temple, s laquelle, dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, n*éuit encore bordée que d*un petit nombre de constructions.
Toterai-je prononcer ? Taisez-vous, bouchez toutes les fenêtres, éteignez les bougies, fermez les yeux, lisez à tâtons.... Cest par le faubourg Saint- Jacques. Nous sommes tous perdus. L'eussiez-vous cru? Par le faubourg Saint- Jacques' ! Quel faubourg, grand Dieu I A qui se fiera-t-on ? Mais par qui le crime a-t«il été commis? Un disciple de Baron', un ami de la vérité, un demi-père deTÉglise, P.... D.H.P. a été trouvé couché entre deux draps, non-seulement avec une femme, mais avec deux, dont Tune étoit sa cousine germaine, et l*autre sa pénitente. Toutes les bonnes âmes ont quitté le quartier, et Ton croit qu*on va raser le faubourg.