‹ ŒuvresChapitre 190 sur 205 · Voyez p. 84, Utire 19 et note · texte numérisé non relu

Voyez p. 84, Utire 19 et note

i6Si

Il 86 prépare bien des choses dans le Parlement pour éclater i son arrivée.

Le bruit est fort que M. le cardinal de Retz agit puissamment pour se mettre en état qu'on ne le puisse plus chasser', et Ton m'a même assuré qu'il pensoit tout à fait à s'accommoder avec Monsieur le Prince et se mettre, à Paris, à la tète de tous les amis de l'un et de l'autre et des mécontents de la cour, dont il est presque impossible que le nombre n'augmente pas par le peu de paroles qu'on est en état et en dessein de tenir à tous ceux à qui on n'a rien épargné pour promettre.

M. Damville part demain pour aller trouver Son Altesse Royale*; mais je réponds bien qu'il ne lui fera point prendre d'autre parti que celui de se tenir en Touraine. Je l'ai vu en passant, et il m'a paru être fort résolu à n'avoir aucune déférence pour la cour, que la paix de Monsieur le Prince ne soit faite. J'ai vu aussi Mademoiselle dans de très-bonnes intentions, et le grand Beaufort aussi. Il ne faut pas attendre de tout cela de grandes entreprises, mais assurément il peut arriver telle chose qui donnera lieu à tout cela de faire des merveilles. Encore est-il bien juste que je me réjouisse avec vous de celles que vous faites à Bourdeaux : tout de bon, vous vous rendrez illustre. Je vous crois présentement bien maître de votre place, après tant d'entreprises découvertes. Je pense que vous ne manquerez pas d'éclaircir fort ces Messieurs les entrepreneurs*; car il n'y a pas plaisir de se trouver souvent exposé à de semblables tours. M, de Ghâteauneuf en a pensé faire un bien

3. Nous voyons Retz, dans ses Mémoires (tome IV, p. 438), tenter, peu arant cette (époque, de fuire sa paix avec Mazarin, d'entrer eu négociation avec lui. Mais il fut arrêté, quelques jours après la date de cette lettre, le 19 décembre, au Louvre, dans Tantichambre de la Reine.

4. Le duc d*0rléans. Il est parlé dans la lettre 39 (p. 107) d*un semblable voyage de Damville ce vers Son Altesse Royale, à la fin d'octobre i65a.

5. EntrepreMuri^ dans son ancien sens d^auteurs et conseillers d'entreprises, sens dont M. Littré donne des exemples à Tarticle de ce mot, 1°. — Il a été déjà parlé ci-^dessus (p. QS^ lettre a4, note 9T, et p. 168, note 11 de la lettre 17 de cet appendice) des intrigues de la petite cour de Bordeaux.

▲PPBNDIGB L tyS

mMuml: Q « ^Irf à deux doigts de sa morl par une esqa!iuii-> cie, dont il se porte mieux*. Mgr de la Rodiefbucauld a été malmena trois ou quatre jours, mais, par ses dernières let* très, il se porte mieux ; il est arrivé à Damvilliers deux heures après Monsieur le Prince, qui ne lui a jamais tant témoigne de honte, d'amitië et de confiance sur toutes sortes de chapitres. Il affecta fort d*exagércr [Hibliquement la netteté et la heauté du procédé' de M. de la Rochefoucauld : enfin il n'oublia rien de tout ce qui pouvoit faire parottre la joie qu*il aToit de le voir dans ce |Mi}^<>là, J*ai re^u un homme exprès de M. de la Rochefoucauld, qui me marque les intentions de Son Altesse sur la paix, qu*il témoigne désirer, pourvu qu*on veuille bien commencer par la générale et conclure en deux heures, sans aucune négociation, où il ne veut* jamais retomber. Devant que j*arrive à lui, je serai plus savant des intentions de la cour ou, pour mieux dire, du Cardinal : je vous en manderai des nouvelles et vous envoirai un cliifflre ))ar le premier courrier. Il se forme une puissante cabale contre M. le TeUier, qiu se croit assca bien appuyé auprès de la Reine pour y pouvoir résister. Vous jugea bien que cela même ne plaira pas au Cardinal. Je n écrirai point à notre ami *, et je prétends que ceoi soit pour vous deux. Vous seriea d'injustes créatures Tun et Tautre, si vous ne m*aimie« pas, et si vous n*étiei persuadés que personne au monde ne vous est plus acquis*

Sttscripiion : À Monsieur Monsieur Lenet, à Bourdeaux,

6. La marquis de Ch&tMuneuf(toyrt les âf<fMoîf«i,p* 19, note s) mounit Fumée «uitante, le »6 septembre.

7. Voyet, dans la note t de la page its de notre tome II, un passage des Mitmoirtu Jt l>M<*r, où eeltti>ci se sert de cette même expression : « la netteté de son procédé, » en parlant de la cou» duite du duc de la Rochefoucauld pendant le siège de Bordeaux^ eu t6So«

8« Le mot Ptêii est écrit aundessos de WlpreiV, bifié.

9. Cet ami cst^l M. de Marchin? Voyea le post-scriptum de la itHr* précédente et la fin de la (Htrt suimate* «~ Il semble que Tjr qui, dans Poriginal, termine «my, ait été substitué à ««•

t«Sa

Là RoctttroucAuio. m, 1 t8

ii74 LETTRE».

TTiT 30. — LA DUCHB50B DB LA HOGHBFOUCAULD ▲ LEHET*

Ce aS* déeembra i65s«

MoiriiBim,

Loriquc j'ai reçu votre lettre, j'en avoisreçu une autre* cpti m'ordonnoit de vous écrire pour vous faire' cent mille compli* menti....* Si je savois des nouvelles assurées, je ne platndrois pas ma peine de vous en mander ; mais, comme je ne sors prêt* que point, je ne sais que ce que tout le monde sait. La prisoo de M. le cardinal de Aetz ne (ait plus aucun bruit*, et tous les raisonnements que Ton en avoit voulu tirer toudiant Monsieur le Prince ne s'appuient point, de sorte que les choses vont toujours leur même train. L'on assure Bar repris par M. de Torenne'; il a perdu devant plus de douze cents hommes, et sa cavalerie fort ruinée. Toutefois Ton parle qu'il va pourtant assié* ger Rethel ou Sainte-Menehould*. S'il l'entreprend, il achèvera de ruiner son armée. Celle de Monsieur le Prince, Fuensaldagoe

LKmM20.-~'9fanuéerits deLânet^iomeVÎ, fol. soi et soa, autographe.

I. Du duc de la Rochefoucauld, qui était alors à Oamvilliers: voyez la suite de cette lettre et la lettre précédente.

9. L^ortbographe nVit pas plus correcte que dans les lettres précédentes de k duchesse : fere (pour faire) ; plus loin, penne ^ appuie (pour appuient)^ Iver^ bsi^ raconte (pour racontent)^ sermoni,

3. Nous omettons ici huit lignes pleines de noms fictifs que Tablenoe de toute clef rend inintelligibles en grande partie, même si Ton se reporte aux traductions des passages chiffrés contenues dans quelques autres de nos lettres.

4« Vojez ci-dessus, p. 979, la note 3 de la lettre précédente.

6* La nouvelle était vraie ; la reprise de Bar-le-Duo est du 17 àé* oembre ; le cardinal Mazarin y avait assisté*

6. Dans Tautographe, Meneau^ et^ à la ligne suivante, W<mt$aU daigne, — Le grand froid empêcha les deux sièges. Rethel fut pris par Turenne, aidé du maréchal de la Ferté, le 8 juillet de Tannée suivante, et Sainte-Menehould capitula le sS novembre : yojtz ci-dessus, p. 116, la note 7 de la lettre 4^, — On a publié récem* ment, dans le Cabinet historique (tome XXV, p. 49^4f ^ tome XXVI^ p. 49*83), les Mémoires /fHippolyte Thibaut ^ prêtre à Sainte^Menehould^ sur les deux iitfgcM de cette Me en i653 et i6$3.

7 étant joint, comme il s*avance pour cela, sera de plus de Tes? sept mille hommes de pied et de dix mille chevaux. G^est M. de la Rochefoucauld qui me le mande, et que Monsieur le Prince n'a pas une place qui vaille Damvilliers, ni qui serve comme celle-là. M. de Sillery n'a pourtant pas eu un sol depuis qu^il y est, et c'est ce que Ton voudroit fort que sût M. le prince de Cionty, non pas pour lui en demander ni pour se plaindre, mais seulement pour qu'il' sAt qu'il n'a pas confia sa place i un. honmie qui oublie son devoir^ quoique l'on ne lui ordonne rien. Je pars dans huit jours, pour aller aider à M. de la Rochefoucauld à passer son hiver à Damvilliers. Depuis qu'il y est, sa santë est si mauvaise, qu'il a cru que je lui pou vois aider, en quelque petite chose, à supporter son chagrin. En quelque part où je sois, je vous assure que je conserverai chèrement la mémoire de toutes les bontës que vous avez pour nous, et j'espère, Monsieur, que vous me conserverez Thonneur de vos bonnes grâces. Je vous supplie que M. de Marchin sache que je lui demande la même chose. Je vous manderai des nouvelles du lieu où je vas, et vous nous en donnerez des vAtres. Gaultier, qui est à Bordeaux, nous les fera tenir ici, car celui à qui Ton les adresse y demeure. Je vous écris étant avec des personnes qui racontent le sermon et m'en font parler, de sorte que je ne sais pas bien ce que j'écris. Excusez-moi donc et me croyez, comme je dois.

Monsieur,

Votre très-humble et très-affectionnée servante,

À. OB VivoNzrB.

7. Dans l'original, pour fui ; à la ligne suivante, les deux mots rtVn de sont biffés après cuèhe»

itfSi

476 LBTTaiB.

ai. — LB PRIHCB DB COHTY^ AU PUC m LA ROCHBFOUCAULD*.

▲a camp de SainUordj*, ce 17* fepteiiibre [i654].

QoQiQUB j'eii8$e rësolu de faire réponse à votre lettre et de

Lirrax 91. •*— Rerae tur la copie qui est à la Bibliothèque de TArtenal, Bellet^Uttres françaises, n* 3909 (ancien 869), in-4% fol. 45 et 46, arec cette mention en tête : c Fen M. le jiriiioe de Gon^ à M. le duo de la Rochefoucauld. » Cette lettre te troure, à la date de 1654 9 arec quelques lëgèret dUEéteaceê de texte, dans les Mémoires de Gourviile (p. 990 et 991), où elle est précédée de ces mots : a II (ie prince de Camty) écrivit à M, de la Rochefoucauld la lettre dont iroioi la copie, qui m*a été remise, il y a enriron trois mois, par une personne des amis de Mlle de la Rochefoucauld*, qui Favoit trou* rée parmi des lettres que son père avoit mises à part. »

I. Le prince de Conty, après la rentrée du Rbi dans Paris et la soumission de Bordeaux (royez les Mémoires^ p. 489), s'était d'abord retiré à la Grange, près de Pézenas, « ou il s'ennuya bientdt, » dit Montglat (tome II, p. 43i)« et ou il n*eut qu'une pensée, celle de faire au plus vite son accommodement. On sait que cette réconciliation fut scellée par le mariage de l'ex-génénlissime de l'armée parlementaire avec une des nièces de Mazarin, Anne Bfartinozsû (99 février i6S4)* La même année, le prince de Contj fut nommé gouverneur de Guyenne et général de l'armée de Catalogne. Après avoir fait au delÀ des Pyrénées une première campagne, marquée par la prise de Villefranche (6 juillet), il s'était remis en marche pour une seconde, au mois de septembre : voyez les Mémoires de Montglat^ tome II, p« 43it et p. 4&a"45S«

1. La Rochefoucatdd, après avoir passé la fin de l'année 1 65 9 et Tannée i653 k Damvilliers, avait obtenu la permission de rentrer en France, gntce aux bons offices de M. de Liancourt son oncle, et de Gourvilte, qui raconte tout au long dans ses Mémoires (p. 969- 173) la négociation assez difficile qu'il eut k conduire en cette occasion. Le duc, rapatrié, mab toujours en disgrâce, s'était rendu à Verteuil en Angoumois {ibidem, p« 974 et 983), et, pendant ce temps, Gourviile, muni des pleins pouvoirs de Alazarin, avait amené, par d'habiles stratagèmes, la pacification de Bordeaux : voyez ibidem f p. 973-986; et la Hotiee biographique, p. lv et lvi. 3« Nous avons cherché en vain quelle localité, soit de la France

• Jfaria-CatheriM, dits Mlle de U Eocbefoueanld, fille aloée de notre ■S'* tsar, née ea 1637, laorte en 1711, et enterrée à Sainte-Genevière : voyet la GéiUalogie, à Vappendiee a de la Hetiee biographique^ p. sovn*

APPBNDICB I. «77

TOUS rendre grâces* de votre souvenir, j'ai présentement la tête -^ si pleine de GourviUe, que je ne vous puis parler d'autre chose. Comment ! Monsieur, ce diable-là a été à l'attaque des lignes d' Arras * I Sa destinée veut qu*il ne se passe rien de considérable dans le monde, qu'il ne s'y trouve, et toute la fortune du Royaume et de Monsieur le Cardinal n'est pas assez grande pour nous faire battre les ennemis, s'il n'y joint la sienne*. Gela nous épouvante si fort, M. de Cuudalle ' et moi, que nous sodh

méridionale, soit du nord de TEspagne, oe nom pouvait ici dési«* gner.

4. Dans le texte de Gourville, grdcê ; k la ligne suivante, Je m pmt 9aui\ puii, après Comment^ est omis Monsieur \ derant duêinéê^ il y a £« au lieu de Sa»

5. Tandis que Fabert et la Ferté poussaient le siège de Stenay, entrepris le 19 juin i654i Condé et 1* Archiduc, pour faire dirersion, araient investi Arras (3 juillet). Gourville fut alors chargé par Maiarin d'une mission assez épineuse : il s'agissait d'arriver jusqu^à Monsieur le Prince, pour « lui donner idée d'une souveraineté » par laquelle le Cardinal « croyoit pouvoir le tenter. » Gourville fit tout son possible « pour être pris prisonnier » et conduit ainsi au camp de Condé ; mais, suivant son expression, quelque soin qu*il eût mis À 8*exposer sans escorte, il joua de malheur, et l'affaire manqua. Le 9 5 août, les lignes espagnoles furent forcées; on seoourut Arras, et Condé et l'Archiduc se virent obligés de battre en retraite. Voyez les Mémoires de GourviUe ^ p. a87«a90, et oeux de Mûmtglaiy tome II, p. 44o-44d*

6. « Gourville, dit Sainte-Beute [Causeries du luudi^ tome Y, p. 359), c'est l'homme à expédients, à moyens, à invention; il a de l'imagination, mais sans chimère; rien ne l'embarrasse; il n'est pas de ceux qui engendrent le doute et le scrupule.... Il bit jaillir les ressources des difficultés mêmes. C'est un homme précieux, un homme d'or. Il est né heureux, il a une étoile; mais ce bonheur, on le sait, se compose toujours, chez ceux qui le possèdent, de mille finesses et adresses, de mille précautions imperceptibles dont les gens malencontreux ne se doutent pas. »

7. C'était le duc de Caudale, fils unique du second duc d'Épernon, né en 1617, mort en 16S8, qui, sous les ordres du duo de Vendôme, avait achevé de mattriser la Fronde en Guyenne et signé k paix de Bordeaux (3o juillet i653). En 16S4, il fut chargé d'aller en Espagne commander sous le prince de Conty: voyez les JVémohru de Montgiai^ tome II, p. 453 et 454.

tt7» LETTRES.

""TTT IBM mueU sur cette matière-JA. Sërieiisementf je tous supplie ' de me l'envoyer bien vite en Catalogne , car, comme j'ai fort peu d'infanterie, et que, sans infanterie ou sansGourville, on ne sauroit faire de progrès en ce pays *, je vous aurai une extrême obligation de me donner lieu, en le faisant partir promptement, de faire quelque chose d'utile au service du Roi. Si je manque de cavalerie, la campagne qui vient, je vous prierai de me l'envoyer encore ; car, sur ma parole, la présence de Gourville remplace tout ce dont on manque. Il est, en toutes choses, ce que les quinolas sont à petite prime*. Et quand j'aurai besoin de canon, je vous demanderai encore Gourville **• Au reste, je vous garde un commentaire assez curieux que j'ai fait sur des lettres que Mme de Longueville a écrites à Mme de Châtillon. Je prétends vous le dédier ; et ainri, devant que de le faire imprimer, je veux qu'il ait votre approbation :^ ce sera à notre première vue*^ En attendant, je vous supplie d'être per» suadé que je suis pour vous^ comme je dois*', dans les termes de notre traité.

AaMAND DE Bourbon.

8. Dans le texte de Gourville, en cepayt-ei; cinq et lix lignes plus bas, a ce que les quinola sont à la petite prime ».

9. Le jeu de prime, dit la grande ou la petite prime, selon le nombre des points, se jouait à quatre cartes; le valet de cœur, carte principale de ce jeu, portait le nom de quinola,

10. La question de Tartillerie était particulièrement grave dans ces guerres de montagnes. On voit par les Mémoires de Jttontglat (tome II , p. 454) que Birague, chargé d'amener le canon du prince de Gonty, le perdit, puis le reprit en route.

11. Sur les sentiments antérieurs du prince de Gonty à l'égard de Mme de Longueville sa sœur, et sur les rivalités entre cette dernière et la duchesse de Châtillon, fort en faveur auprès de Gondé, voyez les Mémoires ^ au tome II, p. 109 et suivantes, et p. 390-399, 399, 4*0. Le prince de Conty, qui badine ici d'un air dégagé sur le compte de Mme de Longueville, n'en subit pas moins jusqu'à la 'fin son irrésistible influence. Après Tavoir suivie dans la Fronde, il la suivit dans la pénitence; ce fut elle, autant que sa femme Anne Martinozzi, qui fut l'ouvrière de sa conversion, et le détermina k finir sa vie comme i^ Pavait commencée, par des pratiques pieuses et des études théologiques et morales,

1*1. Dans le texte de Gourville, comme je le dois.

Nous marohont «prèt-demaiii pour aller attaquer une plaee^ TëTT on Gerdaigne'S appelée Puicerda; j'attends Gourville pour en faire la capitulation.

aa. -—LA COMTBSSB D« LA FAYBTTB A LA MARQVISB

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