AVERTISSEMENT
miùre partie du tome III et qui complétera le tome I. Le Lexique formera, suivi de In Notice bibliographique^ la seconde partie du tome III; il est prôt depuis longtemps pour les Maximes et les Mémoires^ et il le sera très-prochainement pour les Lettres,
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Lk recueil des lettres contenues dans ce tome III embrasse mie période de quarante ans» de 16)7 à 1677, et peut se r^ fkirtir en deux groupes principaux, correspondant aux deux wcÀttèa si diverses de la vie de la Rochefoucauld. Entre la preflDiere lettre^ que le futur auteur des Maximes écrit à Tâge 6t vingt-cinq ans, et la dernière que nous ayons pu dater, qull adresse, moins de trois ans avant de mourir, au P. iti* pin, iDot en lui et autour de lui s'est profondément modifie : JHOL minisières toormenlés de Richelieu et de Maxarin a suc* oNkf la phase brillante du règne de Louis XIV, et l'ancien Frondeur, si malencontreusement jeté à la cAte par les orages de la politique, na phis de goût que pour les douces et in» tiaws rdatîons, où il repose dans les paaae^temps littérair^^s icm n oae dire rassérène, à cause des Maximes) son esprit et «ûo Qoeor aigris par les aventures.
Llntiérèl de la première partie du recueil, celle qui va de 16)7 à i651, est précisément de nous montrer la Rochefou^cauld^ mieux encore que ne font ses Mémoires^ dans toute lardenr de Tintrigue et de l'ambition. Deux de ces lettres o** a ec 6) ont trait à cette funeste liaison de jennesse qui, en leoçageant à la suite de Mme de Chevreuse et des antres brouil- IcQs d'Btai, fit de hii, par avance, une recrue assurée de la Prande. Deux autres, adressées à Mazarin aux mois de septsfohtt et d'octobre 1648, laissent déjà voir que Mardllac, tout «D protestant de son « entière obéissance, » commence à peser par onces, comme le Cardinal lui-même dit en ses Carnets *, les onoditîotts de son dévouement; deux mois après, dans un billet de Ghavigny, ses prétentions et son dépit s* exhalent*
i. Mm w*m imlmmMm « omnéu. (l'^^camet, p* 78.)
On sait quel rôle joua notre auteur dans l'insurrection parisienne qui se termina par la paix de Rueil, enregistrée au Parlement le I*' avril 1649. De cette période, exclusivement consacrée à l'action, il ne nous reste de lui aucune lettre, et il est peu probable que, sauf de courts billets, de rapides avis, il en ait alors écrit un grand nombre. Il reprend la plume l'année suivante, durant la campagne entreprise pour la délivrance des Princes prisonniers, et sa première lettre d'affaires est à l'adresse de Pierre Lenet, cet ancien président, puis procureur général au parlement de Dijon, que les Mémoires nous ont fait connaître comme l'homme d'affaires et le financier du parti de Condé, principalement dans la deuxième Fronde.
Nous ne possédons pas moins de trente-six lettres adressées par la Rochefoucauld à ce personnage, la plupart de i65o à i653. Les plus importantes sont celles des derniers mois de l'année i65a. Le duc, rentré à Paris avec tout l'état-major de Monsieur le Prince, entretient alors une active correspondance avec l'autre fraction de la Fronde restée à Bordeaux. De l'ensembie de ces lettres écrites par lui ou en son nom, qui sont coDKervées à la Bibliothèque nationale dans les Manuscriu de Lenet^^ hait seulement avaient été publiées jusqu'à présent, quatre par M. Servois, et quatre par MM. Ghampollion dans la troisième partie de leur édition des Mémoires de Lenet ^, De ces trente-six lettres donc, vingt-huit paraissent ici |)our la première fois. Une partie est de la main de notre auteur, ayec ou sans signature ; pour celles qui sont d'un^ autre main,
I. Wonéi français ^ n^ 6709 à 6780, avec un double tome XXI. Il te trouve de dos lettres dans dix des rolumeft de ce recueil.
9. On a imprimé danc cette partie des Mémoires de P, Lenet cinq lettres de plus, que nous ne reproduisons pas en entier : nous ne crojons pas qu*on puisse les considérer comme faisant partie de la correspondance de la Rochefoucauld ; elles sont de celles, dont nous parlons quelques lignes plus loin, que le secrétaire écrivait pour son propre compte. -^ C'est d'après cette édition de i838, publiée dans la Collection Michaud et Poujoulat^ que nous citerons ces Mémoires de l^net^ à cause des parties jusque-là inédites qu*ello contient; pour les autres Mémoires, les renvois se rapporteront, comme dans les deux tomes précédents, à la Coticction Pititot,
et qui, eo général, oomine aa reste plus d'un des rapides InlkÂs da duc lai-mèiiie, sont loin d'être des nKMièles épis- UiUires, il n'est pas toujours possible de distinguer, d'une manière certaine, si le secrétaire, Gourville, le président Tîole, ou quelque autre, a écrit sous la dictée du duc ou du moins par son ordre et en son nom. Il y a présomption pour raffinnative toutes les fois qu'au dos se trouve cette mention : « Rochefoucauld » ou « M. de la Rochefoucauld. » Quelqueiaà aussi, à défaut de cet indice, un examen attentif de la pièce autnrise une hjrpotlièse dans ce sens. Quant aux lettres que Gourville, par exemple, qui est l'ordinaire et principal secré- Uire, a Tisiblement écrites pour son propre compte, nous nous bornons à en insérer dans les notes, à titre de nouvelles ou de renseignements justificatifs, les passages qui concernent notre aalear ou quelqu'un des siens ^. Plusieurs de ces missives sont parlidlement rédigées en chiffre ; mais il y a toujours en interligne, de la main de Lenet lui-même, une clef pour le chiffre et pocD* les pseudonymes, Astropol, Pluton, Junon, et autres. Cet ensemble de lettres politiques, dont les dernières sont de l'année i6S3, époque où la Rochefoucauld s'est retiré hors de France, constitue la portion la plus neuve et la plus eulieuse de notre recueil. C^est tout ensemble un complément et on correctif aux Mémoires du duc. À la relation qu'il nous a laissée des troubles contemporains, relation un peu sèche, ne présentant d'ailleurs les choses qu'à l'endroit et visant manifestement à la gravité historique, cette correspondance ajoute toutes sortes de particularités, d'une nature souvent assea piquante; la Fronde s'y laisse surprendre à l'envers, et, si 1 on peut dire, en déshabillé : la voilà bien dans son désarroi et son impuissance, avec ses mesquins calculs et toutes ses misères, avec ses défiances nées des égolsmes individuels et ses chipotages (le mot est dans une des lettres, p. 70), fruit ■atorel des défiances. Dans ses Mémoires^ la Rochefoucauld n'a rien jeté d'une plume négligente ; partout il arrange son personnage et travaille de son mieux à se couvrir : ici, au contraire, il n'a eu ni le temps ni le souci de prendre son point
I. Voyea p. 106 et 107, lettre 38, note 3 \ p. iio-iia, lettre 39, Boie i3; et p. 116-118, lettre 49, notes 6 et la.
de reculée pour s'assurer de la perspective; si, par exemple, il est fatigué, décourage, dégoûté, comme l'est aussi le peuple de Paris, il ne s'en cache en aucune façon. Son irrémédiable irrésolution, son défaut de conduite pratique, ce a je ne sais quoi » qu'indique Retz dans le portrait qu'il a tracé de lui*, paraissent aussi manifestement : tout malade qu'il est et aveuglé par la blessure qu'il a reçue au combat du faubourg Saint-* Antoine, il proteste sans cesse qu'il fera jusqu'au bout ce qu'il considère comme son devoir; il se fâche, jusqu'à parler de coups d'étrivière, contre ceux qui, à Bordeaux, répandent des bruits injurieux pour sa constance de Frondeur'; mais on voit que, malgré tout, il a hâte d'en finir, et que, n'étaient le « principe d'honneur » et cet amour-propre dont plus tard il scrutera si bien les moindres replis, il accepterait immédiatement l'amnistie qui lui est offerte, comme au moins dangereux des rebelles*.
Le second groupe des lettres de la Rochefoucauld offre un caractère tout différent, et se rapporte à la période de sa vie que j'ai appelée, d'un mot de Montaigne, celle du ravisement *. Elles sont adressées à la marquise de Sablé, à l'académicien Jacques Esprit, au comte de Guitaut, au jésuite René Rapin, à Mlle de Scudéry, à Lenet derechef, et à divers. Les unes sont inédites, les autres ont été déjà publiées dans des recueils antérieurs, mais sans que les éditeurs aient pris soin de ranger, d'après les dates probables, celles, et c'est le plus grand nombre, qui ne sont point datées : aussi la partie la plus délicate de notre tâche a-t*elle été d'établir le mieux possible, d'après le contenu de chacune d'elles et les allusions qu'elles renferment, leur succession chronologique. Celles de ces lettres qui ont rapport au commerce littéraire d'où est sorti le livre des Maximes sont extraites, presque toutes, du recueil en quatorze volumes, de la Bibliothèque nationale, connu sous le titre de Portefeuiilei de rallant *.
Des cent seize lettres dont se compose nôtre recueil (toutes