I. Guillaume de Peichpeyrou-Comminges, comte de Guitaut
LETTRES. m
écrit par Gourville, parce que les divers voyages que vous avez faits me faisoient douter que vous fussiez auprès de Son Altesse. Je suis ravi de ne m*étre pas trompé dans Topinion que j*ai eue qu'Elle approuveroit b proposition que je lui ai fait faire, et qu Elle seroit persuadée que la seule nécessité de sauver ma vue me fiût désirer d*aller à Paris, et, de là, chez moi, puisque mes maux ne me permettent pas de servir dans la guerre*. Je vous parle comme à mon ami, et vous dis sincèrement que je ne mêle & cela nul chagrin ni nulles plaintes. Je crois avoir fait exactement ce que j*ai dû dans tout le cours de cette affaire, et, quoi qu*il nf*en coûte, je ne m* en repentirai jamais, puisque mon procédé a fait connottre à Monsieur le Prince les sentiments que j*ai toujours eus pour sa personne et pour ses intérêts. Faites-moi aussi la grâce de croire que rien ne peut changer ceux que j*ai pour vous , et que, dans tous les temps, je serai toujours le môme pour tout ce qui vous arrivera jamais. J'ai appris toutes vos merveilles de galanteries, et j*ai bien de quoi faire des querelles, si je vais à Paris. Je suis bien fâché que le bon-
mirquit d*ÉpoiM«, dit U petit Guitaut^ né en i6«6, mort en t685, attacha au prince de Cond^ pendant la Fronde, et, comme lui, retiré en Flandre. Kn 1648, il fut pourvu, sur la dëmiiftion du commandeur de Guitaut, ion oncle, du gouvernement de» lie» Sainte- Marguerite. Il fut un des amii intimes de Mme de Se vigne, qui lui a adressé un certain nombre de lettres. Voyez, au tome I des Lettrti delà marquise, la Notice de M. P. Mt^snord, p. 149 et suivantes; et, outre les principaux Mémoires du temps, une Notice spéciale, rédigée, en grande partie, à Taide des documents inédits du château d'Époisse, et insérée dans les Archives généalogiques et historiques de Unoètêsse ée France^ par Laine (tome VIII, i843, p. 19-40)*
I. La Rochefoucauld travaillait alors à d<'gager la parole qu*il avait donnée à Monsieur le Prince. Ce fut Gourville, comme on le ▼oit par ses Mémoires (p. 969 et suivantes), qui se chargea de conduire à bien ceue négociation.
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laa LETTRES.
jggj homme la Barre * n'ait pas entendu ma lettre ; j^apprends pourtant qu'il fait comme s'il Tentendoit. Au reste, je reçus hier une lettre de M. le maréchal de Schonberg*, qui demande à Son Altesse un passe-port pour aller aux bains de Plombières. Il en a obtenu de Monsieur T Archiduc' et de M. de Lorraine*, qui spécifient non-seu* lement sa personne, ses domestiques, carrosses, ehariots et toute sorte d'équipage, mais encore le temps est de six mois, pource qu'il y prétend retourner en l'arrière* saison, de sorte que je vous conjure que celui de Son Altesse soit semblable à ceux-là, et de me l'envoyer par le porteur qui vous donnera ma lettre. Adieu, croyez que je suis à vous plus que personne du monde.
La Rochefoucauld.
Je vous conjure d'assurer M. de Rochefort'' de mon très-humble service.
Je crois qu'il faut que Mme de Schonberg' soit aussi nommée dans le passe-port.
Suscription : Monsieur Monsieur de Guitaud.
3. Nous trouTont ce nom de la Barre, en i64g, dans le Choix de Tâazarinades (tome I, p. ai 8); et, en 1 65 3, celui de la Barre-le-FèTre, dans une note de Conrart à ses Mémoiret (édition Michaud, p. 547).
4. Charles de Schonberg, duc d'Halluin, ne en 1601, mort en 16S6, maréchal depuis 1637. Il s*ëtait marié, en secondes noces (1646), à Mlle de Hautefort, dont la Rochefoucauld nous a fait le portrait dans ses Mémoires (p« ao et ai). Sa scsur Jeanne de Schonberg avait ëpousë le marquis de Liancourt, oncle de notre auteur.
5. Lëopold-Guillaume, frère de l'empereur Ferdinand III, gouverneur gënëral des Pays-Bas, de 1647 à i656, mort en i66s.
6. Leduc Charles de Lorraine: voyez p. 66 ^ lettre a4, note i6.
7. Il s*agit ici ou de Louis d'Aloigny, marquis de Rochefoit, chambellan du prince de Condë, lieutenant de sa compagnie de chevau-lëgers, mort en 1657, et dont le fils épousa la petite-fille de la marquise de Sable, ou du comte de Rochefort d^Ailljr, mentionne ci-après, p. 177, fin de la note i de la lettre 83.